4
le 5 mai 2023
SuivreLe gouffre aux vipères
On ne saluera jamais assez le mérite des Festivals dans leur rôle de prescripteurs : grâce à eux – et ici en l’occurrence, celui de Cannes, le monde entier est rendu attentif à la production...
Un film qui allie presque à la perfection onirisme et réalisme, poésie et horreur.
Dans une immersion étouffante, visuellement orchestrée par une mise en scène au cordeau, Emin Alper filme la chaleur aride non pas comme un simple décor, mais comme un personnage oppressant à part entière. Le design sonore, d'une grande justesse, installe un climat de moiteur et d'insolation morale où les frontières entre le souvenir, le cauchemar et la réalité finissent par se dissoudre.
Au cœur de ce piège, la relation ambiguë entre le procureur Emre et le journaliste Murat apporte une charge érotique et un trouble fascinants. Le film y dissèque la masculinité toxique et l'homophobie latente d'une société rurale où l'altérité est immédiatement perçue comme une menace.
Formidable thriller politique aux airs de western crépusculaire, Kurak Günler (littéralement Jours de Sécheresse) dépasse le simple fait divers pour offrir le miroir saisissant d'une démocratie au bord de l'asphyxie. À la manière des dolines qui défigurent le paysage, le récit d'Emin Alper devient le théâtre de longues séquences de tension atteignant leur paroxysme jusqu'au basculement... la réalité du gouffre.
Car au fond du récit s'installe, de manière insidieuse, l'évocation persistante de la paranoïa. La paranoïa sous toutes ses formes : celle d'un procureur naïf catapulté au milieu d'un environnement hostile, mais surtout celle d'une Turquie moderne pétrie d'ambiguïtés ; un monde où la rumeur transperce le quotidien, où l'autre est constamment suspect, et où la manipulation prend racine sur un terreau devenu trop fertile. Un film de vertige, magistral et profondément obsédant.
Créée
hier
Critique lue 2 fois
4
le 5 mai 2023
SuivreOn ne saluera jamais assez le mérite des Festivals dans leur rôle de prescripteurs : grâce à eux – et ici en l’occurrence, celui de Cannes, le monde entier est rendu attentif à la production...
7
le 26 avr. 2023
SuivreTout commence au bord d’un gouffre, gouffre face auquel Emre paraît si petit, pas grand-chose, et surtout totalement impuissant, et résumant d’entrée ce que sera sa place, sa condition. Jeune...
4
le 1 mai 2023
SuivreDécouvert lors du dernier Festival de Cannes dans la section Un certain regard, ce film du turc Emin Alper est un honnête thriller socio-politique.Durant la projection je n'ai pu m'empêché de penser...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème