Entre exubérance à la Kusturica et truculence façon comédie italienne -le mépris et les insultes du patriarche Giorgy à l'adresse de ses enfants rappellent forcément "Affreux, sales et méchants"- le réalisateur décrit les frasques de la communauté des géorgiens d'Israël.
Dans un premier temps, la multitude des protagonistes nous égare un peu puis le film dévoile progressivement les liens familiaux, rarement harmonieux, entre chacun. La plupart des hommes travaillent sur le tarmac de l'aéroport de Tel Aviv et préparent un casse. Le braquage sera probablement celui d'une bande de pieds nickelés et de grandes gueules.
Malicieusement, Dover Koshasvili s'attache à montrer que les personnages n'ont guère de préoccupations autres que celle de leur libido. Avec une trivialité savoureuse et sans pudeur, le cinéaste met en scène des mâles mus par leur lubricité, se trahissant éventuellement dans l'adultère, avec parfois la complicité d'épouses complaisantes. Encore que les femmes apparaissent ici les victimes expiatoires de maris, d'amants ou de pères que le cinéaste affuble de défauts majeurs: concupiscents mais aussi flambeurs, brutaux, paresseux...
La farce est drôle, adossée aux rites communautaires, dont un sens de l'honneur toujours galvaudé, et nous attache à ce microcosme excessif, extraverti et, pour les besoins de la comédie, grotesque.