Long, assommant, prétentieux, bavard, démonstratif et profondément crétin, Cadet est le film des superlatifs dont on se serait bien passés. Il souffre de dialogues d'une nullité à peine croyable, et de scènes redondantes qui martèlent leur propos avec une insultante insistance, au cas où vous seriez distrait par un second écran dans la pièce d'à côté.
Certains de ses thèmes sont évidents (masculinité toxique, corruption viriliste de la jeunesse), mais je concède bien volontiers que je suis loin d'avoir toutes les clés pour déballer sa symbolique, et je suis certainement passé à côté d'une partie de ses métaphores sur la société et la culture kazakhe à l'époque soviétique.
J'ai peut-être loupé une partie du discours, mais j'ai beaucoup de mal à croire que ça le sauverait, tant le film est amateur et grossièrement écrit, avec tous ses poncifs et ses scènes qui se répètent sans merci (le clic du stylo, au secours).
Il y a quelques piques d'humour volontaire, comme l'allusion à Boney M., mais surtout beaucoup d'humour involontaire (comme ce "Maman, j'ai tiré la chasse !" surgi de nulle part, qui a eu le mérite de tirer la salle de ciné de son coma).
On assiste à des dialogues consternants, des persos ridicules capables de sortir dans la même phrase : "Allons brûler les os pour exorciser le fantôme" et "Au fait, je ne crois pas au surnaturel", et le film aligne les scènes gênantes, au point que j'ai fait plusieurs crises de nerfs et manqué quitter la salle une paire de fois, quand j'en ai eu marre de soupirer sans interruption.
D'un point de vue formel, le film est peu lisible, à cause de son image sale et d'une mise en scène approximative, mais ce qui m'a le plus hérissé, c'est le rythme insoutenable de ses dialogues, avec deux secondes de silence entre chaque réplique, comme dans les vieux RPG japonais.
J'imagine bien la scène dans la salle de montage :
"Yerzhan, j'ai fini de monter le film, mais il ne dure qu'une heure, qu'est-ce qu'on fait ?
- T'inquiète, Yerbol, j'ai une solution..."
o o o
Cadet est sans conteste le pire film que j'ai vu au festival de Gérardmer 2026, et ce n'est pas un mince exploit, car il affrontait des navets de compétition, comme l'inénarrable "Modus Anomali", le risible "Dolly" ou l'ennuyeux "Hold the Fort". Mais si ces films m'ont tantôt amusé ou exaspéré, aucun n'a suscité le mélange d'ennui abyssal et d'agacement permanent qu'a provoqué Cadet. Malheureusement, ce n'est pas un film dont je garderai un tendre souvenir au second degré, c'est juste un étron mal démoulé.