À l'occasion de sa ressortie dans sa version définitive, celle initialement prévue en 1976, le film Caligula bénéficie d'un remontage et de l'ajout de scènes exclusives permettant de faire la lumière sur un film ayant fait scandale à sa sortie dans les années 80. Grâce à un travail de titan de Tinto Brass, voilà enfin venu la version Ultime d'un des rares péplum à avoir dépeint avec style et poésie la décadence d'un empire dans toute sa splendeur.
Caligula, c'est donc est un péplum comme il en existe peu : splendidement baroque et sexuel, pourvu d'une fièvre contagieuse digne de l'existence de l'empereur dont il cherche à dépeindre les affres. Il faut dire que, de ses quatre courtes années de règne, on retiendra surtout à notre empereur un sens du despotisme et une frénésie orgiaque digne d'un Dieu vivant. C'est donc ces quatre ans qui nous sont dévoilés, avec son lot d'anecdotes célèbres sur l'un des empereur les plus fous de l'ère romaine.
Reniant les instituts du Sénat, organisant à foison orgies sur banquets, Caligula est ici dépeint tel le tyran sociopathe que l'Hollywood a toujours voulu dévoiler au cœur d'une Rome fantasmée. Et qui mieux que Malcolm McDowell pour incarner la fureur paranoïaque de cet incestueux rejeton romain ?
A lui seul, il porte sur ses épaules un métrage dont les décors somptueux et l'intention créative sont d'une qualité rare encore aujourd'hui. Car nul autre que Caligula peut illustrer ce stupre et cette décadence romaine propre à une époque révolue avec autant de maîtrise, et c'est bien là toute la splendeur du métrage, qui s'alourdit malgré tout de quelques baisses de rythmes.