Résumé : Un déserteur de la guerre du Vietnam est emmené dans une prison où son seul but sera d'essayer de se suicider.
Second film de la soirée Cinéma bis du mois dernier à la Cinémathèque, j'ai encore du mal à me souvenir du titre français, qui est résolument moins rigolo que "Prison de femmes en furie", pour lequel j'avoue m'être déplacé. Deux de mes camarades n'ont apparemment pas été tenté, et sont partis, nous n'étions plus que deux pour Camp disciplinaire, enfin disons "The line", en VO, c'est plus simple et plus facile à retenir. A part que c'est un film de prison apparemment plus sérieux et encore une fois "inspiré d'une histoire vraie", je ne savais pas grand chose, et il s'avère que c'est un de ces nombreux films contestataires sur la guerre du Vietnam.
On y croit assez au début, à ce troufion rentré chez lui et encore traumatisé pour avoir tué un enfant qui pointait une arme sur lui. Les procédés pour raconter cela, à savoir flashback répété plusieurs fois avec zooms sur les visages des deux protagonistes de l'incident, sont déjà vus mais gardent toujours une certaine efficacité. Je me disais que ça allait moins rigoler, parce que ça avait l'air sérieux et en plus de cela pas mal fait. Il n'y avait dans les premières scènes que le doublage français qui pouvait procurer au public quelques rires étouffés.
Arrivé au camp, la réponse du public change en même temps que le ton du film. Si ça débute par une scène de drame apparemment gâchée par la VF, juste après le personnage principal, Rusty, s'enfonce la tête dans une fenêtre. S'ensuit une scène qui, je l'espère, se voulait comique, où il a la tête couverte de bandages et ne répond pas tandis que le médecin lui pose des questions. Mais, gag ! , en contre-champ on voit que sa bouche n'était pas couverte par le bandage. Enfin j'espère que c'était un gag, en tout cas la scène suivante avec les malades dans une sorte d'infirmerie dans le camp est clairement humoristique, enfin dans ses intentions en tout cas, car c'est plus attendrissant de naïveté que vraiment drôle.
Enfin que se passe-t-il ? Voilà que Rusty enlève ses bandages avec seulement des yeux au beurre noir, et sans autre blessures je crois, moi qui pensais qu'il avait perdu la vue.
On apprend qu'il a de nombreuses fois essayé de se tuer, et peu après, suite au conseil d'un de ses camarades, il fait mine de s'enfuir du camp afin de se faire tirer dessus.
"Non, il est vivant", dit le garde éploré devant un Rusty allongé par terre sur lequel il vient de tirer, un gros trou dans le ventre. Il semblerait donc qu'il est bien mort... mais c'est sans compter sur une autre scène arrivant un peu plus tard, où le revoilà dans les rangs. Moi voisin, qui s'était endormi, me dit que ça doit être un flashback, ce que je veux bien croire finalement même si rien dans le film ne l'indiquait clairement, montrant alors une faille dans la mise en scène.
Mais voilà que Rusty se coupe les veines ! Et plus tard qu'il se pend !
J'ai envie de dire "I am immooooortal, I have inside me blood of kiiiings. I have no riiival, no man can be my equal. Send me to the future of your wooooorld !"
On apprend après que Rusty avait des hallucinations, ah ok, en milieu de film, sauf que ça n'explique pas tout vu qu'apparemment il est vraiment mort au début, tué par ce garde qui se fait houspiller par les détenus du camp.
Bon après ça c'est de la dénonciation pure de la guerre, avec tous ces hippies rassemblés derrière les barbelés du camp disciplinaire, et avec les conditions dans la prison dénoncées ; enfin en tout cas on essaye. Ca reprend un peu de Full metal jacket avec ce chef de camp autoritaire, mais en plus mou. Le type n'arrive pas à en imposer, on dirait que c'est facile de lui désobéir, ainsi on s'étonne quand il devient vraiment méchant et casse des doigts ou frappe une tête contre un miroir. Mais sinon on ne ressent pas la tension, le film est dédramatisé sans le vouloir, alors qu'il y aurait pu y avoir de bonnes situations dramatiques : ce type content l'instant d'avant, s'imaginant déjà sorti du camp, qui désormais est en larmes parce que le chef veut qu'il mange le cigare qu'il a étalé dans sa purée. Ahaha, en fait ça me fait plutôt rire maintenant.
Ils ont du mal aussi à nous faire prendre ça au sérieux vu la tournure comique, volontaire ou non, des situations : un des prisonniers décide de manifester en arrêtant de manger (naturellement) et autres activités qu'il liste en finissant par "chier". AHAHA, sérieusement.
Autre moment marquant : une sorte de punition à la fin où tous doivent obéir au chef qui leur donne un ordre précis, je ne sais plus quoi, un verbe comme "remuer" suivi de "sur le sol". Et les voilà sur le dos, par terre, à pédaler dans les airs en secouant les bras comme des attardés. J'imagine que c'est une figure officielle qu'ils ont eu à apprendre à leur arrivée au camp, ce qui expliquerait que tous effectuent l'exacte même gestuelle complètement conne.
Oh et après ça on tire dans la foule alors que les manifestants ont mis la fleur au fusil des soldats, et il y a un hippie qui saigne de la perruque.
Camp disciplinaire est un film qui part de bonnes intentions, mais qui traite son sujet avec humour (enfin je crois hein) ou incorrectement, ce qui dans les deux cas provoque le rire.
Je met 3/10 pour l'illusion de film correct au départ.