A peine le film est-il commencé que l'héroïne annonce vouloir détruire le mythe de Candyman. Une véritable note d'intention puisque c'est justement de cela dont il s'agit. Candyman 3, deuxième suite de l'un des meilleurs films d'horreurs des années 90, ne comprend rien à son aîné et décide donc d'en annihiler l'essence. A la base une oeuvre sociale, réflexion sur le racisme et la transmission du mal, se change en slasher médiocre dans lequel le réalisateur semble plus intéressé par la nudité de ses actrices que le fait de raconter une histoire se tenant. C'est moche, éclairé avec le cul, y'a des gothiques méchants et stupides comme dans tous les films d'horreur pourris de l'époque, et Tony Todd (dont le jeu toujours irréprochable dénote ici avec celui lamentable de ses partenaires) se trimbale une prothèse de crochet rendant son bras improbablement long. Son personnage souffre d'ailleurs d'une écriture cataclysmique. Tout en finesse et terriblement inquiétant dans l'opus original, se liant de manière subtile et troublante au personnage de Virginia Madsen, Candyman devient ici un serial-killer dont le seul but est de prouver à sa descendante qu'il existe pour de vrai en éventrant tous ses potes et moins potes. Avec comme ultime objectif de... coucher avec elle visiblement.
Il s'agissait d'enterrer la légende et en cela l'héroïne y parvient puisque Le jour des morts (ah oui au fait le film pose un regard totalement perdu et insignifiant sur la communauté mexicaine, la fête en question n'ayant par ailleurs ici aucune sorte d'importance) fera hiberner la saga durant 20 ans avant que Jordan Peele ne reprenne le relais en confiant un nouvel volet à Nia Dacosta. Une bonne occasion de rattraper la catastrophe de ce Candyman 3 lamentable, indigne dans tout ce qu'il entreprend et raté jusqu'à sa fin sur laquelle j'aimerais revenir quelques instants (et donc forcément ça va spoiler, si tant est que ça soit important). Le film se conclut donc avec notre héroïne annonçant le succès de son entreprise, à savoir la fin définitive du mythe et donc la mort de Candyman... Avant que celui-ci ne revienne par l'intermédiaire d'un crochet brisant un miroir. Un retournement plus que convenu dans pareille oeuvre, que l'on ne s'étonne donc pas de trouver ici (on s'y attendait même carrément)... Avant de retrouver nos joyeux protagonistes en pleines santés pique-niquant pépouzes dans un cimetière. Ce qui interroge donc sur ce dernier coup de pression: rêve? image purement symbolique? Futur se déroulant après la dernière scène mais que l'on nous montre avant? Plus vraisemblablement la resucé d'un code typique du genre que l'on nous balance sans en comprendre le sens (pourtant évident). Une imitation paumée, ne réfléchissant jamais aux raisons de sa présence, à l'instar de tout le reste du métrage donc.