7
1 critique
Envoûtant et dérangeant
Trois adolescents n'ont jamais franchi le grillage qui sépare leur maison de l'extérieur. Dans leur monde, les zombies sont des jolies fleurs jaunes, les avions des jouets miniatures et le chat...
le 5 janv. 2011
Les raisons ayant poussé un père de famille lucide à jouer aux apprentis sociologues avec ses rejetons ne seront jamais dévoilées. Les curieux en seront quittes pour une petite frustration, les autres apprécieront la détermination sans faille d’un jeune cinéaste à créer du non sens pour remettre en perspective cette valeur fondamentale qu’il n’est jamais bien vu de malmener, à savoir celle de la famille. En faisant de la figure patriarcale de son film un bourreau passé maître dans la torture psychologique, Yorgos Lanthimos assène un sérieux uppercut à ce que peut représenter le rôle de parent, un père et une mère étant par nature des guides jamais remis en question par leurs enfants. Jusqu’à un certain point … Et ce point prend la forme ici de l’appel de la chair, des pulsions naissantes chez le fiston que le père canalise en apportant dans son foyer une source de contamination, un élément rapporté du monde extérieur qui va gangrener la famille.
De ce sujet casse tronche au possible, Yorgos Lanthimos tire le meilleur en lui associant une mise en scène glaciale composée au millimètre, une direction d’acteurs redoutable et un sens du rythme insolent qui lui permet de jouer avec l’immobilisme sans que celui-ci ne se métamorphose en ennui. Un véritable tour de force quand on se rend compte qu’il n’est quasiment question que de plans fixes dans sa mise en scène. C’est là toute la puissance de son coup d’œil singulier, cette caméra qui se positionne avec intelligence là où on ne l’attend pas forcément et qui s’appesantit, sans jamais détourner le regard, là où d’autres n’auraient osé le porter.
Forcément, une œuvre si personnelle ne peut que diviser. Canine est un film difficile à aborder parce qu’il prend les esprits à rebrousse poil pour s'en jouer de manière perverse. Dès lors, deux options possibles, rejeter l’exercice de style et subir le malaise jusqu’au bout, ou bien l’accepter, et prendre Canine pour ce qu’il est : un bouleversement sauvage, mais intelligent, de nos valeurs les plus sacrées.
Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste L'ours, Homo Video, en 2015
Créée
le 1 nov. 2015
Critique lue 2.9K fois
7
1 critique
Trois adolescents n'ont jamais franchi le grillage qui sépare leur maison de l'extérieur. Dans leur monde, les zombies sont des jolies fleurs jaunes, les avions des jouets miniatures et le chat...
le 5 janv. 2011
7
514 critiques
Pour pouvoir quitter le foyer familial, il faut perdre sa canine droite ou gauche. Pour commencer la conduite automobile, il faut sentir sa canine repousser. C’est seulement à partir de ce moment-là...
le 16 mai 2014
5
4 critiques
WTF ?¿? J'ai dû le dire a voix haute au moins 4-5 fois durant le film, difficile de le noter, le film est extrêmement lent mais en aucun cas c'est un défaut. Puis petit à petit, doucement, on...
le 4 janv. 2016
5
928 critiques
J’avais pourtant envie de la caresser dans le sens du poil cette mule prometteuse, dernier destrier en date du blondinet virtuose de la gâchette qui a su, au fil de sa carrière, prouver qu’il était...
le 26 janv. 2019
5
928 critiques
Tour à tour hypnotique et laborieux, Under the skin est un film qui exige de son spectateur un abandon total, un laisser-aller à l’expérience qui implique de ne pas perdre son temps à chercher...
le 7 déc. 2014
9
928 critiques
Exploiter l’adversité réservée par dame nature aux intrépides aventuriers qui pensent amadouer la rudesse de contrées qui leur sont inhospitalières, pour illustrer l’attachement réciproque qui se...
le 14 déc. 2014
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème