Des choses gentilles à dire sur ce film

Adapté d’un roman de Akio Morisawa, Cape Nostalgia est un film assez tendre sur la vie d’une petite communauté de bord de mer fédérée autour du café de Etsuko (Sayuri Yoshinaga) sur lesquels veille son neveu terrible Koji (Hiroshi Abe). La première peine à se libérer de son attachement à son mari mort et le second, de la mission qu’il s’est fixée de symboliquement le suppléer.

La relation entre les deux personnages, au centre du film, est plutôt réussie, surtout grâce aux acteurs qui les portent. Le faciès d’enfant turbulent de Hiroshi Abe et l’air doux et absent de Sayuri Yoshinaga collent parfaitement aux personnages et, ensemble, ils dégagent une belle alchimie qui permet vaille que vaille au film de fonctionner.

Les personnages qui gravitent autour construisent efficacement l’illusion d’une communauté isolée avec son prêtre catholique et son moine bouddhiste qui se tirent la bourre sur le plan des conversions, le flic qui dort devant son officine... des personnages et des petits riens qui font un grand tout, montrés dès l’ouverture par une succession d’instantanés.

C’est un film qui pose les choses par petites touches. Qui prend le temps. Joue avec un peu parfois aussi. Et c’est à double tranchant. Si l’univers est plutôt bien pensé, avec ses plus ou moins micros épisodes -de l’instantané du prêtre qui confesse lors d’une prière avoir triché au jeu quand son adversaire, le bonze naturellement, ne regardait pas à la mini anecdote du type Koji improvisé catcheur qui s’est dessiné des faux muscles avant de monter sur le ring-, avec ses chapitres plus longs davantage en lien avec la trajectoire des personnages principaux -Etsuko et son cambrioleur-, son aspect épars aussi bien côté protagonistes que côté personnages secondaires tend plus à casser la dynamique générale qu’à la structurer, d’autant que les épisodes peuvent apparaître très inégaux en termes de longueur, de propos, de ton... tout comme ce qui les sépare. Le récit avance en effet par ellipses et certaines d’entre elles sont suffisamment marquées pour qu’on se demande si on n’a pas piqué du nez à un moment notamment sur l’axe Koji/Midori (Yūko Takeuchi)...

Le parti pris est intéressant dans sa façon de rompre avec les codes de narration classiques mais Izuru Narushima n’y va pas assez franchement. Certains découpages peuvent dès lors s’apparenter plus à de la maladresse qu’à un choix de narration . De plus, par manque d’équilibre, ce qui aurait pu être un modèle de fluidité apparait davantage comme quelque chose de brouillon si bien que même si les personnages sont vraiment attachants, c’est parfois dur d’avoir la patience et l’envie de les laisser nous emmener où ils veulent.

Cape Nostalgia est un beau film... devant lequel on s’ennuie un peu.

Hum... ce film ne compte assez d'ingrédients pour jouer au bingo avec une grille de 36 cases, mais voilà quand-même les 8 ingrédients repérés


Personnage > Agissement

À voix haute > Lit ou fait la lecture

Personnage > Caractéristique

Blues > Sa femme, sa fille sa mère ou sa sœur est morte

Personnage > Héros ou héroïne

Chevalier blanc > « Ce monsieur vous embête », « Elle t’a dit de la laisser »

Personnage secondaire

Foule en délire > Concert, spectacle, manifestation sportive (combat à mort planifié inclus)

Réalisation > Audio

Bruit exagéré > Coups donnés lors d’un combat au corps-à-corps

Scénario > Blague, gag et quiproquo

Bite, chatte, cul (gag) – Est bourré·e ou drogué·e (gag) – Pipi, caca, prout

---

Barème de notation :

1. À gerber

2. Déplaisir extrême et très limite sur les idées véhiculées

3. On s'est fait grave chier

4. On s'est fait chier mais quelques petits trucs sympas par-ci par-là

5. Bof, bof ; pas la honte mais je ne le reverrais jamais ; y'a des bons trucs mais ça ne suffit pas

6. J'ai aimé des trucs mais ça reste inégal ; je pourrais le revoir en me forçant un peu

7. J'ai passé un bon moment ; je peux le revoir sans problème

8. J'ai beaucoup aimé ; je peux le revoir sans problème

9. Gros gros plaisir de ciné

10. Je ne m'en lasserais jamais

IncredulosVultus
6

Créée

le 11 avr. 2025

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