Indubitablement, Capitaine sans peur est un classique des films d’aventures maritimes. Avec ses superbes images, ses grandes scènes de bataille, sa petite histoire imbriquée dans la grande, un Gregory Peck aussi impassible qu’à l’accoutumée, son histoire d’amour, ses histoires d’amitiés viriles, ses drames, ses traits d’humour, le film renferme tous les ingrédients des années 40 et 50.


L’ensemble souffre cependant d’un rythme étrange. Languissant au démarrage, il finit par ramasser en un temps record une accumulation de péripéties qui mériteraient presque pour chacune d’elles un film à lui seul. Avec en filigrane une histoire d’amour plutôt maladroite résolue par des rebondissements dramatiques peu convaincants qui achèvent de rendre cette romance terriblement gênante, l’ensemble manque de corps. Raoul Walsh n’a pas pour habitude de s’embarrasser de portraits psychologiques fouillés et de longues peintures sentimentales. Il préfère souvent sacrifier ces éléments à l’aventure et à l’action. C’est ici le cas mais le ton trop dramatique des événements rend l’entreprise bien bancale et il ne faut pas attendre de Gregory Peck qu’il bondisse partout pour apporter du dynamisme à certaines séquences.


Même s’il jouit d’une moindre réputation que ce Capitaine sans peur, on peut ainsi largement préférer Le Monde lui appartient beaucoup plus romanesque et invraisemblable mais finalement bien plus cohérent avec son ton plus léger. C’est ici un peu trop sérieux pour être tout à fait convaincant. Du coup, il faut vraiment aimer les films d’aventures maritimes et la vie dans les frégates pour apprécier la première partie du film, et accepter les récits très elliptiques pour adhérer à la seconde. Pour ma part, le déséquilibre est trop fort et, paradoxalement, l’ensemble perd de son souffle épique alors que ce devrait être son point fort.

Play-It-Again-Seb
5

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Classement des films vus (ou revus) en 2020

Créée

le 8 janv. 2021

Critique lue 423 fois

PIAS

Écrit par

Critique lue 423 fois

5
7

D'autres avis sur Capitaine sans peur

Capitaine sans peur

Capitaine sans peur

7

Ugly

1827 critiques

Des marins et... des marins

La filmographie de Raoul Walsh a surtout été consacrée à la grande aventure, et on en a une preuve éclatante avec ce joli film d'aventure maritime située dans un contexte historique, qui s'inscrit...

le 18 janv. 2017

Capitaine sans peur

Capitaine sans peur

7

JeanG55

2407 critiques

Quand le Destin, complètement amoral, fait bien les choses.

Le cadre de ce film d'aventures maritimes, c'est la guerre entre la France et l'Angleterre en 1807mais vue de l'Angleterre. En substance, le bateau de guerre du capitaine Horatio Hornblower se dirige...

le 14 sept. 2021

Capitaine sans peur

Capitaine sans peur

8

The_Dude

93 critiques

Over the seas and far away (2)

En 1807, l'Espagne semble avoir rejoint le camps de Napoléon à l'issue de péripéties trop longues pour que l'on s'y attarde dans le cadre de ce billet. Isolé, victime d'un blocus continental, le...

le 19 oct. 2011

Du même critique

Le père Noël est une ordure

Le père Noël est une ordure

9

Play-It-Again-Seb

1153 critiques

Du culte en haut de la cheminée

La comédie est un art difficile et ingrat. Quand elle est ratée ou même moyenne, elle est plus vilipendée que les autres genres, sous prétexte qu’elle est prétendument moins ambitieuse et qu’elle...

le 24 mars 2022

Astérix et le Griffon - Astérix, tome 39

Astérix et le Griffon - Astérix, tome 39

7

Play-It-Again-Seb

1153 critiques

Le retour de la griffe Goscinny-Uderzo

Depuis la reprise de la série par Ferry et Conrad, nos amis gaulois avaient une sacrée gueule de bois. La disparition de René Goscinny avait déjà très sérieusement entamé la qualité des albums même...

le 22 oct. 2021

Terreur aveugle

Terreur aveugle

8

Play-It-Again-Seb

1153 critiques

Bottes de cuir sans chapeau melon

Le sujet de la proie aveugle n’est pas entièrement nouveau puisqu’il a déjà été traité dans, notamment, Seule dans la nuit quelques années plus tôt. Le parti-pris de ce film écrit par Brian Clemens...

le 18 nov. 2022