Curieux film que ce Captives qui, d’un côté, fait le choix de la simplicité du drame au détriment du thriller et qui, de l’autre, joue la carte du puzzle narratif pour créer le mystère et le suspense. Il ressort de ce film lent et contemplatif une langueur qui empêche de se passionner pour une enquête d’une banalité finalement sidérante, mais aussi une absence totale d’empathie ou de dégoût pour les différents protagonistes. Quand on aborde la question de l’enlèvement de l’enfant, de l’absence voire du deuil, il est difficile de marier tout cela avec une esthétique tape-à-l’œil. Atmosphère neigeuse, tons blancs, dialogues minimalistes, compositions (musicales et photographiques) épurées, il est bien difficile de briser la glace et d’entrer dans cette histoire aux apparences labyrinthiques.
Comparé à Prisoners sorti à la même période, Captives est dominé dans tous les secteurs, que ce soit dans la tension, dans l’émotion, dans la richesse narrative. Quand le film ici s’achève, après une petite montée d’adrénaline (enfin, serait-on tenté de dire), on s’aperçoit combien l’histoire racontée était d’une confondante platitude, dépourvue de rebondissements et de ressorts. Pire, les personnages qui ont traversé le film nous sont restés totalement étrangers et on peine à savoir où certains en sont réellement. Des pistes ont été ouvertes sans jamais avoir été explorées et le spectateur est condamné à interpréter trop d’éléments.
Si on peut reconnaître à l’ensemble une certaine maîtrise, une esquisse intrigante de nombreux sujets, on reste quand même globalement au bord de la route. L’ultime partie du film est plus intéressante mais la première heure est d’un profond ennui. On préfèrera largement le Atom Egoyan des débuts, notamment celui d’Exotica qui, au-delà de son originalité formelle, avait une histoire plus riche à développer.