La question que l’on peut se poser est effectivement : Pourquoi Captives a-t-il eu le privilège d’être parmi les films en compétition à Cannes l’année dernière ? [... ] Si vous espérez voir un film original dans sa forme et dans son fond, il est très probable que la déception sera grande même si reconnaissons que le long-métrage d’Atom Egoyan tente des choses intéressantes en matière de mise en scène et de montage. Outre cela, nous sommes dans une histoire assez convenue d’enlèvements d’enfants, d’histoires sordides de pédophilies et de réseau criminel avec en parallèle le point de vue de la famille complètement anéantie par l’incertitude et la perte de cette enfant. On préfère rester très vague sur l’intrigue du film qui prend une tournure étonnante et déstabilisante et ce dès les premières images du film. Il faudra accepter ce montage dé-chronologique (qui n’est pas sans rappeler Memento de Christopher Nolan) afin d’être émotionnellement pris dans cette histoire narrée avec adresse où chaque comédiens campe convenablement leurs rôles.
Là où le long-métrage puise sa petite part de réussite c’est dans son utilisation du décor. Celui d’une ville cernée par une neige envahissante et épaisse, à l’instar de Fargo des frères Coen. Captives fait preuve de références assez subtiles tout en tentant de rester authentique. Malheureusement, faute d’un scénario plus riche, le film n’est jamais rien d’autre que divertissant et stressant à l’image. Nous nous faisons l’avocat du diable, mais par rapport à son image Cannoise, on attendait autre chose que cet anodin thriller, certes bien rythmé et efficace. Pourtant le réalisateur insère dans son film des moments d’émotions assez forts, une tension dramatique qui va crescendo et on est très réceptif à ce que l’on voit. Mais il manque cette claque scénaristique et visuelle que l’on recherche avec un film précédée d’une compétition dans le plus grand festival cinématographique au monde. Ceci étant dit, si vous recherchez un petit film du samedi soir qui saura répondre à vos attentes par une histoire bien calibrée avec juste ce qu’il faut d’émotions et de palpitations, Captives pourra amplement vous satisfaire !
Par Morgan