Zuzana Kirchnerová a longtemps porté le sujet de Caravane avant de pouvoir finaliser son projet, qui est devenu son premier long métrage de fiction, après cinq courts et six documentaires. Le thème du handicap d'un enfant la touchant tout particulièrement dans sa propre vie, elle tenait à donner un sentiment d'authenticité dans les rapports entre une mère et son fils autiste et elle y parvient souvent, avec une économie de mots, les regards échangés en disant très long. Son traitement est cependant traversé de scènes poétiques et esthétiques, avec une grande pudeur quant aux moments de crise éventuels, qu'elle ne fait jamais durer plus que de raison. Mais d'un autre côté, le road-movie qu'est Caravane est parfois trop elliptique, avec un faux rythme et surtout des personnages annexes qui manquent singulièrement d'épaisseur. La cinéaste a aussi volontairement décidé de nous donner très peu d'informations sur son héroïne, n'expliquant jamais, par exemple et sauf erreur, pourquoi elle se trouve en Italie, sans parler de son passé dans sa Tchéquie natale ou encore du père de son enfant. On attend à tout moment une confession de sa part, qui nous rapprocherait de cette course éperdue en Italie et qui ne vient jamais. Dommage, parce que l'actrice qui l'incarne, Aňa Geislerová, qui possède une filmographie importante dans son pays, est absolument remarquable.