Été 1998, Cassandre à 14 ans. Elle intègre le temps des vacances un petit centre équestre où elle va pouvoir découvrir une autre normalité, loin de l'atmosphère familiale destructrice…
Il n'est jamais simple de parler de l'inceste, qui plus est au cinéma. Hélène Merlin peut en témoigner, lorsqu’elle a voulu adapter sur grand écran sa propre histoire (et par conséquent, ce qu’elle a vécu à l’adolescence), les financeurs et producteurs étaient réticents. Mais entre temps, le mouvement #MeToo est passé par là, ainsi que la vague d'indignation, ce qui lui a permis de voir son projet aboutir.
Avec son film, Hélène Merlin met un coup de projecteur sur les violences intrafamiliales et la banalisation qui en découle. On se retrouve, le temps d’un été, plongé au coeur d’une famille dysfonctionnelle totalement ahurissante (on est constamment le cul entre deux chaises, à vouloir rire de certaines situations cocasses ou d’être gêné face à des scènes malaisantes).
Cassandre (2025) questionne et ne laisse clairement pas indifférent. Jamais voyeuriste ou dégradant, le film parvient avec beaucoup de brio, de sensibilité et d’intelligence à montrer la mécanique et la complexité autour de l’inceste et ses non-dits. La mise en scène est soignée, avec des moments de grâces (notamment les plans en “top shot” lorsque Cassandre quitte son corps lors de ses agressions), sans oublier le travail au niveau des dialogues et la superbe distribution où se côtoie un superbe trio d’acteur.ices avec la bluffante Billie Blain, aux côtés de Zabou Breitman en mère de famille fantasque & Eric Ruf en mâle alpha viriliste.
Un sujet délicat brillamment mis en scène, avec beaucoup de réalisme et de pudeur.
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« Je hais les obèses. Qu’est-ce que ça chie, c’est une catastrophe écologique ! »
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