Hélas, ce western américain parodique du début des années 70 imite un sous-genre de western spaghetti qui fut assez courant dans les années 60 et 70 : les films qui sont à la fois parodiques et médiocres.
Il cumule donc plusieurs défauts structurels propres aux usages westerniens des deux côtés de l'Atlantique.
On peut racheter les paysages européens, probablement espagnols, qui sont très beaux, mais ils ne font ni américains ni même mexicains.
La narration est hachée, presque incohérente, avec des péripéties aux thématiques éculées et leur succession est cousue de fil blanc (et pourtant l'histoire d’origine est de Louis L’Amour, le plus célèbre des auteurs de western : faut-il penser qu’elle a été mutilée ?).
Pourquoi donc l’avoir vu jusqu’au bout ? L’amour des acteurs est la seule raison.
Le sourire éclatant de Yul Brynner dans le dernier plan justifie notre patience, et je me demande si c’est le seul rôle de sa carrière (un malfrat sympathique) où dès le début, il rit, il fait des blagues, s'essaye à des mimiques stupéfaites, ou sardoniques, ou joviales, en un mot il déconne et cela fait plaisir à voir, car moi en tout cas, je ne l’avais jamais vu ainsi.
Il y a aussi Daliah Lavi, déchaînée en pasionara mexicaine amoureuse, caractérielle, jalouse, voleuse, qui attaque à coups de poings, de pioche et de revolver son amant mais aussi tous les autres : elle est sensationnelle.
Richard Crenna, en marshal qui échoue sans arrêt à arrêter son ami le voleur (Brynner) accompagne le mouvement et fait mine de déconner lui aussi - mais ce n’est pas son genre.
Il y a des apparitions récurrentes de Leonard Nimoy (Mr Spock de Star Trek), en tueur énigmatique qui traque le voleur, et qui est sinistre, mais qu’on verra se faire battre comme plâtre alors qu’il est tout nu !
Enfin il y a aussi des apparitions magnifiques de Jo Ann Pflug, une beauté dont on se dit qu’on connait le visage mais d’où ? (En fait c’était une des belles infirmières hilarantes de MASH, en 1970).
Le gunfight final est à l’avenant : n’importe quoi !
Nimoy surgit alors qu'il est caché derrière un officier mexicain pris en otage ; il blesse le marshall Crenna qui amenait Brynner en prison ; il se fait tuer par celui-ci qui a un petit pistolet caché dans sa botte ; puis Brynner confie son ami le marshall à la belle non sans lui confisquer son étoile de shérif et il emporte ses complices en diligence pour les faire évader.