Le début du film est un rien confus tant il se disperse, et on tarde à en comprendre le fond du sujet où à identifier les personnages déterminants. Ce coquin d'Anatole est un personnage parmi de nombreux autres dans cet improbable vaudeville d'Yves Mirande. Il est un garçon boucher qu'un quiproquo fait prendre pour le jeune fils et employé du commerce, riche héritier qui s'ignore.
Le vrai coquin du film est sans doute son réalisateur Emile Couzinet, qui n'hésite pas à glisser quelques grivoiseries plutôt audacieuses en ces années 50 (ainsi ce très visible tableau de femme nue au dessus du canapé où reçoit une cocotte). L'intrigue, dont l'enjeu est la fortune putative, lorgnée par quelques uns ou quelques unes, du fils Paufilat n'est pas particulièrement astucieuse dans son genre théâtral. En revanche, elle est traversée par des personnages (et des comédien-nes) particulièrement colorés qui font tout le sel de la comédie.
En premier lieu, le personnage de Duvallès, extravagant huissier "au service du ministre des finances" le jour et conseiller fiscal et margoulin le reste du temps! Il est l'instigateur d'un imbroglio cocasse qui se dénoue dans la plus exubérante désinvolture. En résumé, le film est une rareté sympathique réalisée par un maître du nanar impertinent.