En soi, n'importe quel film allemand sorti en 1944 pourrait revêtir un intérêt historico-cinématographique. Il y a évidemment toutes les œuvres de propagande, et puis il y a les autres, ouvertement décontextualisées, totalement hermétiques à la guerre et au nazisme. En gros, Leni Riefenstahl pour le premier groupe et Helmut Käutner pour le second. "Ce diable de garçon" annonce la couleur dès son titre (la version originale, Die Feuerzangenbowle, fait référence à la boisson alcoolisée à base de vin chaud que les personnages dégustent en introduction, en égrainant leurs souvenirs scolaires nostalgiques) : on nage en pleine comédie légère par l'entremise de l'immersion d'un adulte, écrivain vieillissant, regrettant de ne jamais avoir connu les classes de lycée, de retour à l'école. Tout le film se résume à cet adulte déguisé en adolescent (on n'y croit pas une seconde, crédibilité zéro) qui découvre les joies des cours, des frasques aux professeurs préparées en cachette et des amourettes gênées.
En pleine Allemagne de 1944, le moral au front au plus bas, on a donc Heinz Rühmann qui joue à l'élève espiègle dans un film devenu classique du cinéma allemand (enfin, si c'est au même titre que "La Guerre des boutons", la chose serait à affiner et relativiser). La comédie en milieu scolaire se veut potache de temps en temps, mais se remarque avant tout pour les caricatures de prof et la mise en scène extrêmement classique, jouant avant tout la carte de la nostalgie d'un ancien temps et d'une école idéalisée. Plutôt une comédie gentillette, inoffensive, intéressante en temps que reflet d'un décor de son époque, se terminant sur une conclusion assez surprenante — "la seule vérité se trouve dans les désirs et les rêves", en substance.