C’est une saga familiale bouleversante qui traverse les épreuves de l’histoire de la Palestine, de 1948 à nos jours. Ici, la politique n’est pas un simple décor, elle sert un récit romanesque puissant marqué par la spoliation, l'exclusion et l'humiliation. Mais au-delà de la souffrance, c'est la résilience qui crève l'écran.
Le point de vue "de l'intérieur" est d'une grande intelligence. La perspective de Cherien Dabis est plus humaniste que vindicative, ce qui donne au film une dignité rare. Il n'y a jamais de critique frontale simpliste, mais un rappel constant, presque lyrique, de l’importance de la transmission. Cette phrase du film m'a d'ailleurs marquée : « L’humanité est une forme de résistance. N’oubliez jamais la force de l’humanité. C’est la seule chose que personne ne puisse vous prendre. »
Je dois avouer que ce film m’a totalement bouleversée, au point de verser quelques larmes. On ne peut s’empêcher de se projeter : imaginer vivre dans son propre pays natal tout en y étant considéré comme un étranger, voir sa liberté bafouée au quotidien... C’est cette identification immédiate qui rend le film si percutant.
Porté par des interprètes excellents (mention spéciale au grand-père, magistral), on suit le destin de cette famille à laquelle on s’attache dès les premières minutes. On frémit, on s’indigne, on se passionne... Je n’ai pas vu passer les deux heures. C’est un cinéma nécessaire, qui rappelle que l'humain reste, envers et contre tout, le dernier rempart.