Beaucoup d'adaptations de romans ou de nouvelles de Stephen King ne sont pas connues car elles sont oubliables car elles sont nazes, tout simplement, et celle-ci, sortie directement en vidéo en 2016 et réalisée par Tod Williams, fait partie des plus mauvaises.
À la décharge du film, le roman n'était pas terrible non plus. On y voit plus une diatribe presque réactionnaire sur les téléphones qu'un véritable roman horrifique (ou même un thriller, science-fiction ou un drame, thèmes dans lesquels excelle également le romancier). Alors oui, ça raconte certes quelque-chose sur notre époque et encore, le livre est sorti en 2006 ; plutôt visionnaire le bonhomme. Car effectivement, lorsque l'on lève le nez de notre téléphone dans le métro, on a l'impression d'être projeté dans le roman, c'est-à-dire qu'on ne voit que des zombies absorbés par leur téléphone, surtout aux heures de pointe. Là où ça pêche, c'est que le roman ne raconte trop rien d'autre.
Pourquoi je parle autant du roman ? Car c'est King lui-même qui a écrit l'adaptation portée par un John Cusack et Samuel L. Jackson aussi fatigués l'un que l'autre. Et alors forcément, déjà que le roman se répercute bien évidemment sur le film, si on confie en plus le scénario à un romancier qui se débrouille plutôt mal lorsqu'il s'agit de cinéma, on risque de tomber dans un sacré bourbier.
Pourtant, la scène d'intro est efficace, bien plus cinématographique que celle du livre, l'action prend place dans un aéroport, ce qui permet pleins de choses en termes d'images pour construire les débuts d'un monde post-apocalyptique. Et puis ensuite, on tombe dans le film de zombies classique qui ne fait que bêtement reproduire les codes du genre. Parce-que, encore une fois, de trop nombreuses questions restent en suspens ; tout ce qu'on sait, c'est que les gens sont d'un coup devenus fous en téléphonant. Voilà.
Le film ne creusera pas plus le sujet que le livre, si ce n'est moins, seule sa fin, différente de celle du bouquin, reste une bonne trouvaille assez glaciale.