Centurion avait tout pour être un vrai film de poursuite brutal et tendu : un cadre historique rare, une ambiance glaciale qui promettait un survival antique bien rugueux, et Neil Marshall, censé savoir transformer la violence en tension. Mais ici, la machine tourne tellement à vide qu’on dirait que la légion est partie en mission sans scénario.
Le film enchaîne les combats et les courses dans la neige avec l’enthousiasme d’un Romain qui aurait découvert le Red Bull, mais sans jamais construire autre chose qu’un interminable « on fuit, on se fait rattraper, on fuit encore ». Les personnages ? À peine esquissés. Les enjeux émotionnels ? Portés disparus. L’intrigue ? Un GPS bloqué sur « fuite en avant ».
Visuellement, ça tente des trucs, mais rien ne marque vraiment. Et quand Marshall sort ses plans aériens avec les protagonistes qui courent dans un paysage grandiose, musique dramatique en fond… difficile de ne pas penser qu’il devrait envoyer une lettre de remerciement à Peter Jackson. On est à deux doigts de voir Fassbender traverser le Rohan en sprint.
Fassbender et Kurylenko font ce qu’ils peuvent, mais leurs rôles sont tellement creux qu’ils finissent par se dissoudre dans le décor — un décor qui, malgré quelques belles images, reste aussi monotone qu’un champ de bataille après la pluie.
Au final, Centurion est un survival antique qui se regarde sans souffrir, mais qui s’oublie aussi vite qu’un nom de légionnaire secondaire. Brutal, oui. Creux, souvent. Et surtout incapable de dépasser son statut de série B qui confond intensité et course à pied dans la neige.