007: First Light réussit ce que beaucoup de jeux d’espionnage n’osent même plus tenter : être fun, élégant, rythmé, et suffisamment malin pour ne jamais se prendre les pieds dans son propre smoking. Le studio a clairement compris que sa trilogie Hitman contenait de l’or, et il a eu l’intelligence de récupérer les bons côtés — level design lisible, infiltration fluide, gadgets enfin utiles — pour les faire évoluer dans un cadre Bond qui respire le luxe, le danger et le plaisir immédiat.
La première partie du jeu, centrée sur le recrutement et l’entraînement de Bond, est tout simplement une masterpiece. C’est brillant, immersif, parfaitement rythmé. On a enfin l’impression de voir la naissance d’un agent 00 avec une vraie mise en scène, pas un simple tutoriel déguisé. Cette intro met la barre tellement haut que le reste du jeu passe son temps à essayer de suivre.
La campagne déroule ensuite un rythme impeccable : infiltration, action, improvisation, répliques qui claquent… tout s’enchaîne avec une précision qui ferait sourire Q. Les courses-poursuites, surtout, sont un vrai régal : voitures, motos, bateaux… Bond change de véhicule comme d’humeur, et chaque séquence est un petit shoot d’adrénaline parfaitement dosé.
Le casting est globalement impeccable : des voix qui incarnent, des personnages qui existent, une direction artistique qui sait donner du charisme sans forcer. Sauf Gemma Chan, dont on peine à comprendre l’utilité. Présente, oui. Pertinente… pas vraiment. On dirait un caméo prolongé qui ne sait pas trop quoi faire de lui-même.
Et puis il y a la BO, qui reprend les différents thèmes des films Bond avec une précision chirurgicale. C’est un festival de clins d’œil musicaux, un hommage sonore qui fait vibrer la fibre 007 sans jamais tomber dans le pastiche. Et le générique… une merveille. Un hommage parfait à l’ADN Bond, porté par une Lana Del Rey en mode « diva espionne ». Sensuel, classe, hypnotique. Le genre de moment où tu te dis : ok, ils ont compris ce qu’est Bond, et ils savent comment le faire briller en 2026.
Côté défauts, rien de dramatique, mais ça pique un peu : la durée de vie est trop courte, surtout pour un Bond qui devrait nous faire voyager. Et c’est là que le bât blesse : contrairement à Hitman, qui nous trimballait aux quatre coins du monde avec une générosité presque touristique, First Light reste trop sage dans ses destinations. Bond qui ne globe-trotte pas, c’est comme un martini sans olive : ça manque d’un petit quelque chose.
Visuellement, le jeu n’a pas besoin de photoréalisme pour briller : il mise sur l’ambiance, les lumières, les décors qui sentent le luxe ou la menace. Quelques scripts voyants, une IA parfois en RTT, une histoire qui ne révolutionne rien… mais franchement, on pardonne tout.
First Light rappelle que Bond peut encore être moderne, cool, et terriblement divertissant sans se perdre dans la surenchère. Un vrai plaisir assumé, élégant, et parfaitement calibré pour ceux qui veulent de l’espionnage qui claque sans devenir une usine à gaz.