Personne n'avait fait la critique de la Cérémonie des César 2019 sur le site : comme je vous comprends... Car cette soirée, elle était vraiment tout sauf inoubliable. Costume de présentateur visiblement trop grand pour Kad Merad, nombre de sketches tombant à l'eau (le pire restant celui du coup de téléphone : interminable, pour ne pas dire incompréhensible), rires régulièrement absents... Si ces trois heures (et oui, quand même) restent visibles, il est peu dire qu'elle ne resteront pas dans la mémoire de spectateurs de moins en moins présents derrière leur écran. Reste l'appréciable « hommage » de Jérôme Commandeur (sans doute le meilleur moment), le sketch d’Élie Semoun et surtout la présence de la légende Robert Redford : même si je n'ai pas totalement accroché à son discours et qu'il avait l'air de se morfondre toute la soirée, voir défiler (sans doute trop vite) sa magnifique carrière reste un beau moment.
Si je mets la moyenne, c'est surtout pour un palmarès plus équilibré que je ne le craignais. Ne vous y trompez pas : même si je n'avais presque aucun doute sur le triomphe de « Jusqu'à la garde », sa victoire ne me paraît nullement justifiée pour autant, surtout face aux « Frères Sisters », voire à d'autres titres également nommés. Idem pour Léa Drucker (sans doute la moins convaincante dans la catégorie actrices), alors que Denis Ménochet l'aurait nettement plus mérité (le sacre d'Alex Lutz ne me pose toutefois pas de problème). Mais il y a une relative diversité, voir Jacques Audiard remporter plusieurs statuettes (dont celle du meilleur réalisateur) étant tout à fait légitime, tout comme la victoire de Karin Viard pour sa remarquable prestation dans « Les Chatouilles » : une belle surprise car je n'y croyais qu'à moitié (celle-ci s'est clairement jouée entre elle et Leïla Bekhti). Rien à dire non plus sur celle de Philippe Katerine ou de « Guy » pour la musique : c'est même assez satisfaisant.
Beaucoup plus gênant : ce ridicule César du public, sans oublier quelques titres purement volés, « Pupille » et surtout « En liberté ! » repartant notamment la tête basse, et je ne parle même pas d' « Amanda », sans doute le plus beau film français de l'année, cité seulement à deux reprises (pour zéro récompense, évidemment). Voilà, voilà. Palmarès inégal, donc, cérémonie plus que moyenne sauvée par le talent de quelques intervenants : la grande famille du cinéma français ne se remet pas beaucoup en cause et à force, ça finit vraiment par se voir...