D'après une pièce de théâtre qu'on imagine très médiocre et très creuse, le calamiteux Yvan Noé ne pouvait pas réaliser autre chose qu'un nanar.
"Ceux du ciel" commence par un hommage affecté à ceux au Ciel, ces nombreux héros ou pionniers de l'aviation dont le film égraine les noms et les photographies. Puis se succèdent quelques figures courantes de l'industrie aérienne : un patron (Pierre Renoir), Bournier, son gendre et pilote d'essai préféré, la femme de celui-ci, anxieuse à chaque vol (mais ça ne se voit pas trop parce que le personnage de Marie Bell est grotesque), un rival aux dents longues qui pourrait ravir son avion et sa femme à Bournier, des mécanos, et d'autres personnages qu'on voit un instant et qu'on ne revoit plus parce qu'ils sont sans utilité.
Un psychodrame futile prend forme quand Bournier est évincé pour le meeting aérien qui s'annonce, jugé désormais trop vieux pour concourir. C'est très mal écrit et c''est d'une exaspérante vacuité. Les dialogues sont pauvres et la portée dramatique -les risques en vol- est nulle. La mise en scène est rudimentaire, le montage chaotique. Si le dessein de ce film mal fichu est de célébrer, en 1940, la France et ses plus courageux concitoyens, c'est complètement vain.