Une importante femme du milieu politique parisien est victime d’un chantage à la veille de décrocher une place de ministre : elle reçoit des films pornographiques dans lesquels elle reconnaît son propre fils… Elle décide d’engager deux détectives de choc qui vont tenter d’élucider le mystère et l’identité des maitres-chanteurs. Entre Le Shanghai-Lily, une boîte louche et de sordides recoins parisiens, les deux détectives glissent dans un monde dangereux où les meurtres se succèdent.
Sous l’impulsion de Jean François Davy et co-écrit avec Simsolo (qui joue un rôle dedans aussi), Vecchiali tente de faire un film d’enquête abstrait aux relents de film de cul abstrait ou l’inverse. À mi-chemin entre le film noir, le roman de gare, la comédie, le thriller politique, le mélodrame et le film porno, Change pas de main est un film queer déroutant, bancal pour ne pas dire chaotique, un film jusqu’au boutiste, complètement iconoclaste. Une sorte de croisement pété entre Rivette et Fassbinder.
Le récit est grave, crépusculaire – s’y côtoient inceste, viol, infanticide et nécrophilie. La forme est plus légère, quasi festive, pleine de couleurs et de corps nus sous des impers. La mise en scène de Vecchiali est passionnante. Chaque plan surprend. Chaque séquence devient numéro de cirque aux nombreuses scènes de sexe non simulées. On y danse, on y flingue, on y baise à tout va, tout en orgies bisexuelles. Le récit n’a plus d’intérêt et pourtant il continue de se déployer, avec étrangeté et insolence.