Incompréhensible échec que ce nouveau film de Jonah Hill après le très beau 90's. Pourtant, tout est là. Le pitch (une star cherche à mettre la main sur une vidéo compromettante), le casting et on y trouve les grands thèmes faisant écho aux derniers scandales Hollywoodiens. Même la photographie hyper-saturée donne des allures d'irréalité au parcours de Reef Hawk, incarné par un Keanu Reeves déboussolé, comme pour marteler l'idée d'une existence normale impossible. Des éléments qui devraient stimuler mais réunis au même endroit se neutralisent mutuellement. La faute à un récit arythmique jamais drôle ni touchant. 80 minutes au compteur, c'est long quand on a l'impression de traverser à un tunnel de name-dropping et de scènes répétitives alors qu'elles ont tout pour marcher sur le papier (l'interview avec la mère, l'apparition de Martin Scorsese). Et tout cela ne raconte rien ou si peu. Considérez le film comme une thérapie flemmarde et un état des lieux à peine esquissé sur le Hollywood post-MeToo. Il n'y a pas grand chose à reprocher aux comédiens qui s'en sortent comme ils peuvent. Mais en terminant ce pénible moment, on se dit que la série The Studio pourrait en dire beaucoup plus en moins de temps. Et que ce serait probablement plus fun et plus profond.