Par amitié, l'homme d'affaires Sam Laker accomplit une mission pour le chef de l'espionnage anglais. Il ignore, contrairement au spectateur, mis dans la confidence, qu'il est manipulé.
Entre Leipzig et Copenhague, le réalisateur tourne une intrigue d'espionnage tissée de fil blanc et au parti-pris esthétiques malheureux, ou contestables. Le manque de profondeur des personnages et l'invraisemblance de l'histoire rendent vains ces inélégants champs-contrechamps et ces gros plans sur les protagonistes, censés sans doute cerner leurs tourments, tout autant que le travail sur la photographie, cafardeuse et sombre.
Sinatra campe une figure plutôt terne en père de famille inquiet et en pion égaré que le scénariste voudrait nous faire prendre en compassion. Sa composition manque en tout cas d'expressivité et d'énergie, même à considérer que son personnage est moins un homme d'action qu'un type ordinaire, un anti-héros.
D'action, il n'y en a guère dans ce film peu spectaculaire et davantage assis sur une ambiance délétère et une idée unique: l'espionnage est un monde cynique et cruel où l'on sacrifie jusqu'aux vieilles amitiés. Voilà, voilà. La noirceur du récit fait parfois son originalité mais l'intrigue est franchement inintéressante.