N'y allons pas par quatre chemins, j'ai adoré Charlie Countryman avant tout pour son ambiance et ses performances d'acteur. Son scénario ? Certains pourront le trouver léger, et je ne les contredirai pas. A un détail prêt : si la structure narrative peu sembler en soi un peu pauvre, la teneur des messages, la quantité de textes à lire entre les lignes gonfle le scénario pour lui donner bien plus de corps et de chaire qu'il n'y paraît. C'est surement cela qui m'a plu.
Charlie Countryman est typiquement le genre de film que vous devez laisser vous emporter. Ne résistez pas. Si vous n'entrez pas dedans, il vous sera bien difficile d'en profiter. Plongez corps et âme dans son univers. Acceptez-en les codes, la cadence, les lois, pour mieux pouvoir prêter attention aux messages et aux émotions qu'il tente de vous transmettre.
Il faut que je le précise, Shia LaBeouf réalise dans ce film une performance époustouflante. Son personnage est crédible et très épais. Il est à la fois faible et courageux. Il baisse les yeux mais il tient tête. Et on y croit, qu'est-ce qu'on y croit. Il en veut. Il veut vivre, il a le courage de ses idées et de ses opinions malgré la peur. Un beau parallèle avec le caractère de l'acteur lui même qui ne cesse de m'impressionner depuis quelques années. Lui que je snobais littéralement auparavant, je l'admire aujourd'hui.
La mise en scène, très planantes, participe au développement d'une nouvelle ère cinématographique entamée depuis Parnoid Park de Gus Van Sant : celle de l'immersion totale. Les cinéastes parviennent à aller bien plus loin qu'auparavant pour nous faire voyager. Ils stimulent davantage de sens, nous plongent dans une ambiance éloignée du réel tout en nous paraissant très crédible.
On aura beau dire, j'adore cette époque, et j'ai adoré Charly Countryman.
Allez foncez le voir, n'attendez plus.