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Qu’est-ce qu’un chef d’œuvre ? Luc Moullet élabore une réflexion tout à fait personnelle autour de cette notion, en tentant de la définir autant que d’en établir les limites de son utilisation galvaudée.
À l’occasion de l’exposition « Chef-d’œuvre », le Centre Pompidou-Metz propose à Luc Moullet de réaliser un film de commande sur cette thématique. L’auteur d’Anatomie d’un rapport y évoque et mélange différents arts, en choisissant des œuvres monumentales (la chapelle Sixtine, Shoah de Lanzmann ou le Palais Idéal du Facteur Cheval) ou miniatures, citant La Joconde mais aussi en nous abreuvant d’images de films courts, comme La Jetée, Le Voyage dans la lune ou L’île aux fleurs.
Il rappelle que le terme est souvent utilisé de longues années après la finalisation et la révélation de chaque création. Mais explique aussi qu’Orson Welles et John Keats ont achevé leur chef-d’œuvre à un jeune âge quand Manoel de Oliveira et Pablo Picasso ont accompli certaines de leurs œuvres maîtresses à plus de quatre-vingts ans.
Il n’existe donc pas de définition du chef-d’œuvre ni de réel dénominateur commun. Mais Moullet met en garde, avec toute sa légèreté, son humour habituel contre une utilisation excessive, n’hésitant pas à montrer un tableau des étoiles à la dernière page d’un numéro des Cahiers du cinéma, au sein duquel un éminent critique (Frodon, pour ne pas le citer) donne quatre étoiles (équivalent au « chef d’œuvre » dans la revue) à pas moins de sept films le même mois.
Pour Moullet c’est même dangereux : « Ceux-ci ne peuvent être définis comme tels qu’après la prise de connaissance du parcours, souvent chaotique et très long, avec beaucoup de hauts et de bas, qui a amené les créateurs à une telle perfection ». Ça dure treize minutes et c’est un Moullet toujours intéressant.
Créée
le 9 mai 2026
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