Après avoir longtemps tardé, Damien intervient auprès de son père conseiller d'Etat en faveur d'une jeune femme serbe menacée d'expulsion.
Jean-Pierre Bacri est le personnage central que la comédie de Pascal Bonitzer malmène un peu, au sens où les relations de Damien avec son entourage sont en ce moment assez compliquées, comme si tous ses proches lui échappaient. A commencer par son père insaisissable et fuyant. Bacri fait le numéro qu'on attend de lui, à la fois bougon et égaré. Pour autant, est-ce que cela suffit à créer une figure intéressante ?
Le film est une comédie de personnages, tellement que le scénario insuffisant et poussif de Bonitzer passe au second plan, comme subalterne. Le problème, c'est que les seconds rôles sont assez peu réussis. Il y a Isabelle Carré dans le rôle sans envergure de la charmante serbe expulsable à tout moment, qui a probablement une fonction métaphorique. Kristin Scott-Thomas joue une compagne et metteuse en scène de théâtre assez caricaturale ; Claude Rich, le père, dont la relation qu'il entretient avec son fils est franchement lacunaire sous son apparence burlesque, tient un emploi qui manque de matière. Et je n'oublie pas le jeune fils de Damien, gamin impertinent dont le réalisateur force le trait.
D'une façon générale, Bonitzer n'est pas très bon ni crédible dans les scènes de pure comédie; je pense à la scène entre Damien et l'équivoque et androgyne serveur japonais : c'est grotesque. Bacri, dans son élément, sauve le film.