Les femmes ne veulent pas tant un chéri mais plutôt l'inverse du mot : un riche !
Je vous parle d'un temps révolu : crinolines et vieilles dentelles casse-pieds...
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Mais qu'ont-ils donc tous à vouloir nous faire saliver sur les crinolines et vieilles dentelles ?
Cette belle époque l'aurait donc été tant que ça ?
On nage dans l'hypocrisie, la prostitution intellectuelle, la vie artificielle et hypocrite...
Vous imaginez-vous un seul instant voir une de ces gourgandines traînant son panier à salade et savoir pénétrer dans une de ces boites de conserve à roues, fort justement, appelées "mini" ?
Qu'est-ce donc qui a bien pu motiver Stephen Frears (1941/---) producteur et réalisateur anglais dont c'est le vingtième long-métrage des vingt-huit réalisations qu'il a faites de 1968 à 2022 à nous ressusciter ces vieilleries...
Le scénario présente tout ce qu'on peut de primaire :
Une courtisane, la cinquantaine se rend compte qu'elle est de moins en moins l'objet des attentions et de l'empressement masculins, et se laisse aller à la cour que lui fait le fils d'une courtisane comme elle... Elle lui cède mais sent d'instinct ce dont aspire une femme à cette époque : qu'il devienne sa propriété et pour en être sûre, provoque ce qu'elle redoute : qu'il la quitte... Ce qui finit par arriver : une jeunette aux atours plus alléchants et aux manières plus innocentes ne tarde pas à le séduire... Comment cela va-t-il finir ?
Dans une fiction écrite, cette histoire psychologique ou philosophique est intéressante peut convaincre. Transcrite en images , elle finit par être lassante et on se moque bien de son épilogue... D'autant qu'il est ici récité, comme pour bâcler le film, alors que sa fin eut pu nous surprendre et nous laisser sur une bonne impression : dommage !
Alors qu'a donc bien voulu nous raconter Frears qu'on ne sache déjà ou qu'on devine ?
Les belles dames de la cour terminent toutes de la même manière si elles ne sont pas "casées" ou mis de l'argent de côté pour leurs vieux jours...
Comme ces petits rats de l'Opéra devenant adultes et devant se reconvertir en stripteaseuses, mères maquerelles, diseuses de bonne aventure, ou pour continuer à montrer leurs talents de séduction prendre un gigolo et exhiber une jeune conquête qu'elles paient désormais !
Frears a certainement cherché à se faire plaisir, avant de songer à nous-même...
Caprice d'enfant comblé ?
Il a débarqué sur le projet quand le script était déjà bouclé, ayant ensuite besoin en permanence du scénariste lors du tournage, un peu comme s'il n'avait pas travaillé son texte...
Circonstance aggravante : il ne faisait pas de répétitions avec ses acteurs, ce qui nécessitait parfois des changements inpinés de textes,² et à perturber ses comédiens...
Je suis totalement opposé à cette thèse qui veut que faire souffrir son plateau le transcende...
Un acteur a besoin d'être orienté, sécurisé, pour donner le meilleur de lui-même .
Et de répéter son texte dans toutes ses intonations, expressions pour trouver le meilleur de lui-même ainsi qu'un sportif s'entraîne sans relâche...
Souvenons-nous de cette phrase du "Schpounz" joué par un Fernandel qui récitait la même phrase ç l'envi, dans des contextes différents et de manière à démontrer la gamme de ses talents... !
Aucun grand film n'a connu de réussite suprême sans travail préalable laborieux...
Melville, Hitchcock pour ne citer qu'eux, ne prononçaient le mot moteur sans avoir une connaissance millimétrique voire monomaniaque de l'emploi du temps de leur journée...
Ici, quand est venu le mot fin sur l'écran, j'ai cru (regardant à l'aveugle) à la prestation d'un vieux réalisateur pépère, ne voulant pas trop sortir de ses studios ni faire d'extérieurs...
Et pourtant, le film a été tourné à l'hôtel du Palais en Angleterre, à Biarritz, à Paris sans qu'on s'en rende vraiment compte, alors à quoi bon ?
Même sérénité tranquille, due au talent incontestable de Michèle Pfeiffer qui ne joue pas mais vit,
incarne cette "pute de luxe" sans laquelle ce film serait passé complètement aperçu. Le réalisateur là encore joue sur le velours car il l'avait dirigée dans "Les liaisons dangereuses" : il ne courait là encore, aucun risque...
Mais à avoir trop peu d'ambition, on aboutit à ce film : trop sobre, trop chichiteux, trop angais, monotone et malgré le chic apparent des décors, malgré ses dorures, en dépit de costumes se voulant plus d'époque que les vrais d'époque, on cède au décorum et non au critère humain du récit qui parle sans arrêt de l'amour, et qui n'en montre aucune scène intime vraiment convaincante.
Tels les prudes films made in US des années cinquante,dont les caméras à portée du lit de ses amants, se détournaient pudiquement vers un zoom en direction d'une de ses tables de chevets.
Un échec commercial : 184 435 entrées et 45 % de rentabilité mondiale...
Je ne porterai donc pas ce film aux nues... Ni Frears que d'aucuns portent au firmament de l'art...
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Arte le 15.03.2025-