Russ Meyer, c’est tout un programme qu’on connaît d’avance. La seule véritable question est donc de savoir s’il y a bien une intrigue à suivre dans tout ça.
Un shérif pourri, son acolyte, un traître indien et un trafic de Marie-Jeanne. Reste à savoir qui est qui et ce que viennent faire ces nombreuses paires de seins dans cette histoire.
Russ Meyer est un monde à lui tout seul, comme une sorte de dystopie malade de ses excès autant que de sa culpabilité imposée. Chez ce Tex Avery en prises de vue réelles, il y a donc à la fois de la drogue et une voix off et officielle qui nous dit d’un ton moralisateur que la drogue, c’est mal. Il y a aussi des femmes nues aux formes particulièrement généreuses victimes de leur crédulité et de mâles peu attentifs à leur sort. Il y a des courses-poursuites spectaculaires exposées en accéléré et un humour potache qui nous rappelle la finesse d’un Benny Hill. Tout ça dans un décor minimaliste semi-désertique et ponctué de plans de danse à la frontière de l’abstrait. On ne s’étonnera pas d’apprendre qu’en réalité, une partie des rushes a été détruite par le labo, ça explique le bordel scénaristique. Et en même temps, il y a dans tout ça une forme de cohérence toute meyerienne. Dans ce fatras, on aimera toujours le sentiment de liberté qui se dégage du film. Meyer y pousse les limites et n’essaie jamais de séduire l’intelligentsia. C’est au final assez nerveux, drôle et finalement inattendu.
Ainsi, oui, on peut conseiller cette petite sucrerie à ceux qui savent déjà de quoi on parle. Les autres pourraient découvrir et aimer ou tout simplement ne rien y comprendre ou même ressentir un rejet profond.
>>> La scène qu’on retiendra ? Elle est vraiment pas mal cette scène de fusillade à la fin !