Emmanuel Patron adapte ici sa propre pièce à succès, et on sent que le matériau d'origine est solide. Le pitch est efficace : des parents gagnent 150 millions d'euros mais décident de ne rien partager avec leurs enfants, déjà "bien élevés dans le confort". S’en suit un jeu de massacre familial où les masques tombent et où le cynisme prend le dessus.
Le casting est le gros point fort. Le duo André Dussollier et Miou-Miou fonctionne à merveille, apportant une réelle épaisseur à ce couple de retraités dont la soudaine richesse révèle une noirceur sociologique assez grinçante. Les répliques fusent, c’est souvent percutant, et on prend un malin plaisir à voir cette fratrie se déchirer pour un chèque.
Cependant, le passage des planches au grand écran n'est pas totalement fluide. Malgré les efforts pour "aérer" le récit avec quelques décors provençaux, la mise en scène reste très statique, très "théâtre filmé" avec ses fauteuils et canapés qui dictent l'action. On regrette parfois que le dynamisme de la pièce ne retrouve pas son plein souffle au cinéma, rendant certaines situations un peu artificielles. Ça reste un bon moment de comédie acide, mais qui manque d'une véritable ambition cinématographique.