À Hollywood, Brian Helgeland a vraisemblablement été beaucoup plus actif en tant que scénariste que réalisateur.
Dans Chevalier, on ne sent pas particulièrement de style, le mec ne cherche pas à faire du cinéma d'auteur. Mais en tant que faiseur, je trouve qu'il a largement prouvé qu'il assurait avec ce film.
C'était réjouissant à regarder. En trois minutes, le ton du film est donné : il s'agira d'une comédie, on suit un trio attachant (ils seront bientôt plus) de types pas forcément très fins et porté par le charismatique Heath Ledger, puis on se prend le premier anachronisme en pleine face avec We Will Rock You de Queen qui débarque pas uniquement dans la bande son mais aussi dans l'action elle-même.
Un divertissement qui ne se prend pas au sérieux et qui joue avec des références modernes tout en livrant une histoire suffisamment plaisante pour qu'on ait envie de la suivre, ça m'a fait beaucoup de bien. Et pourtant la joute équestre je m'en tape comme de l'an 40, pour être honnête. C'est joli comme tout en plus, bien photographié, bien cadré, avec de jolis costumes et des décors immersifs qui nous feraient presque oublier que pour les combats de joute tout a l'air d'avoir été filmé au même endroit.
On reste évidemment à Hollywood : on nous fait un peu croire à la méritocratie bien que le personnage aura besoin de quelques coups de pouce autour de son aventure, et il y a l'idée que ce type valeureux et talentueux mérite de faire partie de la Haute parce qu'il n'est parti de rien. Mais je n'ai pas trouvé ça grossier, je me suis pris au jeu parce que la mise en scène et le déroulement de l'histoire donne envie de se prendre au jeu. Il y a une scène de danse très amusante aussi, avec là encore un décalage entre l'improbabilité de ce qui se passe à l'écran et la musique qui n'a rien à faire là. En plus il y a ce truc un peu involontaire évidemment, qui fait que la moitié des acteurs sont connus dans ce film mais pas trop. On les a vu dans une série ou dans des rôles plus ou moins importants avant au cinéma. Je ne dis pas ça pour vous faire croire que Paul Bettany ou Bérénice Bejo sont inconnus au bataillon non plus... Mais ce ne sont pas des acteurs qui ont construit une image précise qu'ils ont incarné maintes et maintes fois avant sous nos yeux, enfin c'est comme ça que je l'ai ressenti.
C'est vraiment l'exemple du film qui n'invente rien mais qui est très divertissant et de bonne facture, même si on aurait pu se passer de la scène post-générique.