Ce qui est intéressant avec ce film, c'est le parti-pris de suivre les Sudistes, qui sont souvent les méchants de l'histoire.
Ici, on se rend assez vite compte que ce sont des gosses embrigadés bien malgré eux dans une guerre qu'ils ne comprennent pas. Certains y prennent goût, comme le personnage de Jonathan Rhys-Meyers, au physique ambigu, tandis que d'autres ont l'air perdus, comme celui de Tobey Maguire.
Le choix de casting est à saluer tant Maguire a vraiment la tête de l'emploi, à la fois fragile, juvénile et perdue.
Simon Baker, qui a un petit rôle, nous gratifie de sa plus belle chevelure blonde.
Quant au seul rôle féminin du film, incarné par Jewel, elle a de faux airs de Renée Zellweger.
Un rôle somme toute classique, celui de la femme qui s'éprend d'un homme à la vie écourtée, pour finir dans un mariage forcé, qui, pour une fois, est secrètement voulu.
Enfin, le personnage le plus intéressant est porté par Jeffrey Wright, qui à lui seul catalyse tout le racisme des Sudistes, ainsi que l'émancipation promise par la fin de la guerre.
Le film est assez classique, très hollywoodien dans son approche stylistique. Ang Lee s'approprie assez bien le style américain classique. Tel un caméléon, il sait toujours s'adapter au style et à la vision propre du genre.
Il lui manque quand même de l'ampleur, des scènes marquantes, comme dans beaucoup de films grand public américains.
Ça manque de personnalité. En plus, le film est un peu trop long, s'attardant parfois sur certaines situations.
Même si l'on ne s'ennuie jamais, grâce à un montage efficace et une bonne répartition des actes.
Bref, trop classique pour être marquant, le film aura au moins l'audace d'être original dans son propos.