Très déçu par ce film que j’attendais de voir avec une grande impatience après le magnifique Paper Moon. L’idée de départ est pourtant plutôt ambitieuse, rendre hommage aux pionniers du cinéma, à savoir la période du muet, les indépendants contre le système des studios. Un chouette sujet, mais la forme cassent tout.
De ce que j’ai compris, ce n’était pas l’idée de Bogdanovich d’en faire une comédie burlesque, et ça se voit tant l’écriture et la mise en scène n’adhère jamais à cet humour, qui n’est jamais drôle mais plutôt lourd. Je n’aime pas, en général, les films sur le cinéma, qui se contentent souvent de travestir la réalité (comme disait Godard à propos de La Nuit américaine).
On a donc un simulacre de tournage, avec une équipe réduite, ce qui n’est pas très intéressant malgré l’exotisme de l’époque. On ne croit pas vraiment à ces situations, à cause entre autres du burlesque qui casse encore plus cette idée.
Le film passe pourtant à autre chose dans sa deuxième partie, il devient plus sérieux, les gags disparaissent presque totalement, et on nous raconte enfin quelque chose, notamment cette histoire de triangle amoureux (la seule bonne idée) et ce combat clandestin autour de la quête de la pellicule volée.
Enfin, le film se termine sur le grand chef-d’œuvre de l’époque, qui rebooste les envies artistiques de tout le monde. Ça m’a permis de découvrir Jane Hitchcock, qui a des yeux de chat enivrants, quant à Tatum O’Neal elle vole la vedette à tout le monde.
Bref, comment passer totalement à côté de son sujet.