Chien d'arrêt par Gondebaude
Chien d'arrêt est un court-métrage Disney sorti en 1939 et est un épisode charnière pour plusieurs raisons, toutes plutôt négatives. C'est en effet à partir de cet épisode que Mickey change de forme et prend celle pour laquelle il est plus reconnu aujourd'hui. Ainsi, il gagne du poids et surtout, ses pupilles deviennent comme celles des humains et non pas entiérement noires comme avant. C'est ici que le bât blesse. Cette personnification (la figure de style) mal placée est très représentative de l'esprit des courts-métrages qui viendront après et qui commençait déjà à s'amorcer dans les précédents : à savoir une volonté de faire de Mickey un modèle presque humain. Ainsi, Mickey, à la base inoffensive souris, devient une métaphore de l'humain et de ses bêtises. Cela gâche en grande partie l'oeuvre, en y ajoutant une bonne dose de morale mal placée, inutile et franchement gavante. (Ici, "La chasse, c'est mal" Je ne vais pas défendre la chasse mais, à mon sens, ce n'est pas du tout le but d'un court-métrage Disney...) Deuxième point négatif, qui là encore apparait dans cet épisode-là : Mickey parle énormément ! Mais alors, beaucoup trop. Dans les épisodes d'avant, il est beaucoup plus taciturne et c'est tant mieux. (Même si sa VF est très agréable, il faut l'admettre) Là encore, effet de la personnalisation. Troisième point négatif : Mickey sait qu'il est Mickey et j'ai peur que dans les courts-métrages d'après, on y revienne souvent. ("Je m'apelle Mickey Mouse. Vous n'avez jamais entendu ce nom ??") J'aimerais me tromper mais je pense que ce Mickey-ci sonne le glas des chefs d'oeuvre de court-métrage Disney que j'affectionne tant. Je finirais cette critique en renvoyant au très intéressant ouvrage de Pierre Pigot, L'assassinat de Mickey Mouse, dans lequel il expose des idées similaires.