Chime
6.6
Chime

Moyen-métrage de Kiyoshi Kurosawa (2024)

Chime, Kiyoshi Kurosawa, Japon, 2024, 45 min

« Chime », qui signifie Carillion, est un moyen-métrage Japonais réalisé par Kiyoshi Kurosawa, un auteur fascinant et bien souvent déroutant. A bientôt 70 ans et une trentaine de films à son actif, le cinéaste demeure une curiosité. En effet, il possède cette particularité, propres aux plus passionnants des cinéastes, qui est de se réinventer à chaque nouvelle proposition.

Touche à tout s’étant frotté à environs tous les genres cinématographique, il entraine, une fois de plus, avec « Chime » son audience dans l’inattendu. S’il est avant tout reconnu comme un maître de l’Horreur et de l’Angoisse, tout au long de sa filmographie il a navigué entre quasiment tous les styles, faisant de lui un cinéaste complet auquel on ne peut reprocher de se reposer sur ses acquis.

Bien qu’il ait présenté de nombreuses variations sur le thème de l’épouvante, et que ça reste peut-être là son genre de prédilection, il ne tombe jamais dans la répétition. Et c’est donc le cas avec ce « Chime », récit glaçant d’un professeur de cuisine devant faire face à des évènements bien étranges.

Pour ce faire, Kurosawa utilise à merveille le langage cinématographique japonais, cette manière si caractéristique de mettre en scène et de raconter des histoires, tout en retenu et avec une certaine classe, qui diffère tant du cinéma occidental auquel nous sommes accoutumés. Loin des narrations convenues en trois actes et leurs personnages types que l’on reconnait en un clin d’œil.

Avec « Chime », Kiyoshi Kurosawa récite également tout son langage cinématographique personnel, le sien rien qu’à lui, qu’il a affiné et peaufiné sur bientôt quatre décennies, ce qui n’est pas rien. C’est un cinéma très épuré, qui n’est pas exempt d’une certaine aura vaporeuse, il prend son temps pour mieux nous emporter, c’est occasionnellement cryptique, souvent symbolique et toujours fascinant.

L’une de ses grandes qualités réside dans sa manière de distiller une ambiance captivante qui invite à se plonger dans les univers qu’il nous dépeint, pour mieux nous surprendre, pour mieux nous effrayer. Bref pour mieux immerger les spéctateurices dans les dédales parfois sinueux de ses récits.

« Chime » n’échappe pas à cette règle, avec son atmosphère pesante d’où surgit sans prévenir une violence sèche et particulièrement brute ou brusque, disons brusquale. Sur seulement 45 minutes (oui c’est peu), il parvient à faire opérer la magie, celle de la communion possible avec un auteur, sans artifices, sans autres nécessité que l’histoire qu’il nous raconte. Mais force est de constater que 45 minutes, c’est très frustrant. Même si cet exercice permet de mettre beaucoup de déchet de côté, pour mieux se concentrer sur le plus important, ce qui est le cas.

Mais quand même, quand le film semble atteindre son potentiel avec la promesse de nous embarquer vers une autre proposition inattendue, il s’arrête abruptement, et c’est rageant. C’est peut-être l’effet recherché, dans cette démarche que nos amis Américains appellent un « Exercice de style ».


Stork._

Peeping_Stork
8
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Stork Top 2025

Créée

le 5 juin 2025

Critique lue 73 fois

Peeping Stork

Écrit par

Critique lue 73 fois

3

D'autres avis sur Chime

Chime

Chime

6

Electron

847 critiques

Mise en bouche

Dans Chime l’essentiel tourne autour d’un espace assez vaste en intérieur où Takuji Matsuoka (Mutsuo Yoshioka) enseigne la cuisine à quelques élèves. Sa spécialité semble être la cuisine française...

le 1 juin 2025

Chime

Chime

5

Selenie

4699 critiques

Critique de Chime par Selenie

Un moyen métrage plein de promesses, aussi singulier qu'intrigant qui se situe à la lizière entre film d'horreur et thriller psychologique. Kurosawa instaure d'emblée un climax pesant qui sied...

le 30 mai 2025

Chime

Chime

9

ocean_jogging

47 critiques

Cauchemar en cuisine

Kiyoshi Kurosawa est de retour avec Chime, moyen-métrage profondément déroutant distillant une angoisse sourde, qui laissera longtemps sa trace indélébile. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que...

le 28 mai 2025

Du même critique

The Way Back

The Way Back

10

Peeping_Stork

392 critiques

The Way Back (Gavin O’Connor, U.S.A, 2020, 1h48)

Cela fait bien longtemps que je ne cache plus ma sympathie pour Ben Affleck, un comédien trop souvent sous-estimé, qui il est vrai a parfois fait des choix de carrière douteux, capitalisant avec...

le 27 mars 2020

Gretel et Hansel

Gretel et Hansel

6

Peeping_Stork

392 critiques

Gretel & Hansel (Osgood Perkins, U.S.A, 2020, 1h27)

Déjà auteur du pas terrible ‘’I Am the Pretty Thing That Lives in the House’’ pour Netflix en 2016, Osgood Perkins revient aux affaires avec une version new-Age du conte Hansel & Gretel des...

le 8 avr. 2020

The House on Sorority Row

The House on Sorority Row

9

Peeping_Stork

392 critiques

The House on Sorority House (Mark Rosman, U.S.A, 1982)

Voilà un Slasher bien particulier, qui si dans la forme reprend les codifications du genre, sans forcément les transcender, puisqu’il reste respectueux des conventions misent à l’œuvre depuis 3 ans,...

le 29 févr. 2020