Chime, Kiyoshi Kurosawa, Japon, 2024, 45 min

« Chime », qui signifie Carillion, est un moyen-métrage Japonais réalisé par Kiyoshi Kurosawa, un auteur fascinant et bien souvent déroutant. A bientôt 70 ans et une trentaine de films à son actif, le cinéaste demeure une curiosité. En effet, il possède cette particularité, propres aux plus passionnants des cinéastes, qui est de se réinventer à chaque nouvelle proposition.

Touche à tout s’étant frotté à environs tous les genres cinématographique, il entraine, une fois de plus, avec « Chime » son audience dans l’inattendu. S’il est avant tout reconnu comme un maître de l’Horreur et de l’Angoisse, tout au long de sa filmographie il a navigué entre quasiment tous les styles, faisant de lui un cinéaste complet auquel on ne peut reprocher de se reposer sur ses acquis.

Bien qu’il ait présenté de nombreuses variations sur le thème de l’épouvante, et que ça reste peut-être là son genre de prédilection, il ne tombe jamais dans la répétition. Et c’est donc le cas avec ce « Chime », récit glaçant d’un professeur de cuisine devant faire face à des évènements bien étranges.

Pour ce faire, Kurosawa utilise à merveille le langage cinématographique japonais, cette manière si caractéristique de mettre en scène et de raconter des histoires, tout en retenu et avec une certaine classe, qui diffère tant du cinéma occidental auquel nous sommes accoutumés. Loin des narrations convenues en trois actes et leurs personnages types que l’on reconnait en un clin d’œil.

Avec « Chime », Kiyoshi Kurosawa récite également tout son langage cinématographique personnel, le sien rien qu’à lui, qu’il a affiné et peaufiné sur bientôt quatre décennies, ce qui n’est pas rien. C’est un cinéma très épuré, qui n’est pas exempt d’une certaine aura vaporeuse, il prend son temps pour mieux nous emporter, c’est occasionnellement cryptique, souvent symbolique et toujours fascinant.

L’une de ses grandes qualités réside dans sa manière de distiller une ambiance captivante qui invite à se plonger dans les univers qu’il nous dépeint, pour mieux nous surprendre, pour mieux nous effrayer. Bref pour mieux immerger les spéctateurices dans les dédales parfois sinueux de ses récits.

« Chime » n’échappe pas à cette règle, avec son atmosphère pesante d’où surgit sans prévenir une violence sèche et particulièrement brute ou brusque, disons brusquale. Sur seulement 45 minutes (oui c’est peu), il parvient à faire opérer la magie, celle de la communion possible avec un auteur, sans artifices, sans autres nécessité que l’histoire qu’il nous raconte. Mais force est de constater que 45 minutes, c’est très frustrant. Même si cet exercice permet de mettre beaucoup de déchet de côté, pour mieux se concentrer sur le plus important, ce qui est le cas.

Mais quand même, quand le film semble atteindre son potentiel avec la promesse de nous embarquer vers une autre proposition inattendue, il s’arrête abruptement, et c’est rageant. C’est peut-être l’effet recherché, dans cette démarche que nos amis Américains appellent un « Exercice de style ».


Stork._

Peeping_Stork
8
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Créée

le 5 juin 2025

Critique lue 86 fois

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