donc 9 portraits, en plan fixe, sans cut, de 9 personnages chacun dans une situation banal qui devient aussi terrible que grotesque de par les règles morales de la société iranienne
la simplicité du dispositif permet de ne pas s'égarer et d'aller droit au but
et le plus frappant là-dedans, c'est qu'aucun des personnages qui incarnent l'espèce de censure morale-religieuse, n'est une véritable figure de l'ordre ou de la justice (il y a vaguement un flic ou un ou deux personnages bossant dans l'administration, mais ils n'ont pas de grand pouvoir). Ce que montre le film, c'est la perte terrible d'agentivité d'individus qui se font, sans y avoir particulièrement d'intérêt ou d'avantages, le relais d'un pouvoir abusif : les personnages que l'on suit ne sont pas jugées et opprimés par figures dont le rôle est d'opprimer, mais par d'autres personnages qui se saisissent volontairement, banalement, de ce rôle