Chungking Express est simplement fabuleux. Wong Kar-wai narre le romantisme temporel avec une mise en scène urbaine absolument remarquable.
C'est d'ailleurs ce qui rend Chungking Express si saisissant. La caméra du cinéaste capte le contraste brutale entre la vivacité électrisante de la foule hongkongaise et la solitude mélancolique des personnages.
Le film prend le temps de nous immerger dans le chagrin intime de ses protagonistes par des gros plans d'une grande pudeur, avant de nous perdre dans le vertige des rues grâce à ses ralentis saccadés. Le tout baignés dans une palette de teintes verdâtres et de néons somptueuse.
Tout transpire la poésie dans Chungking. À travers deux récits miroirs, l'amour comme la nourriture finit par périr et se dégrader au cœur d'une jungle urbaine en plein chaos. Le métrage devient alors le reflet amer d'un Hong Kong anxiogène et fiévreux à l'approche de sa rétrocession.
Chungking Express est finalement comme une envoûtante capsule temporelle. Entre mélancolie nocturne et fraîcheur lumineuse, la nostalgie y croise des cœurs brisés qui s'apprivoisent et se réparent. La magie opère alors au rythme répété de California Dreamin, laissant monter une émotion poignante avec une grande admiration.
En définitif, j’aime profondément ce film.