Le fait que le film se déroule à Los Angeles (ma ville préférée au cinéma), déjà, je suis preneur, le film fut tourné vraiment là bas et parfois même pendant les émeutes de 1992 ! Une journée ordinaire, il fait très chaud, on est dans les embouteillages : le magnifique plan-séquence d’ouverture m’a fait immédiatement penser au clip « Everybody hurts » sorti un an plus tard.
Un homme dont on ignore le nom sort de sa voiture, prend un chemin, tente d’appeler chez son ex-femme (c’est l’anniversaire de leur fille), il manque de monnaie, il va en demander à la première boutique venue : un snack tenue par un chinois. Ça tourne rapidement mal : l’homme s’en prend verbalement (envoyant une diatribe très juste et à la fois raciste) et physiquement au boutiquier.
Il en ressort avec sa batte de base-ball : c’est le premier acte d’une série d’actes de révoltes contre la société de consommation d’un homme qui explose, brisé par cette société.
Parallèlement, on suit aussi le parcours d’un flic dont c’est le dernier jour, qui va remonter la piste de l’homme. C’est donc deux destins parallèles que l’on suivra le temps d’une seule journée.
Deux hommes, qui en apparence, n’ont rien à voir, et j’ai regretté que leur ressemblance ne soit pas assez poussée,
car en fait le flic, c’est l’homme qu’était « D-Fens » avant son pétage de plombs.
Ainsi, désolé, je vais un peu spoiler : à la fin du film, on voit le policier se révolter, devenir progressivement « D-Fens ».
Alors que « D-Fens » est fort bien écrit : un type banal, auquel, malgré ses actes, on s’attache et personnellement, j’ai pu comprendre pourquoi il agis ainsi (le discours que livre le film est tellement vrai, trente ans après le tournage).
Michael Douglas, derrière un physique banal, livre une performance en retenu (oui, oui) tout en laisser exploser sa violence intérieure, physiquement et surtout verbalement : en VF, Patrick Floersheim, qui le doublait depuis cinq ans, le colle parfaitement, même dans des scènes très compliquées.
Mais malheureusement, le flic est cliché : on l’a vu mille fois ailleurs, un vieux routier, moqué, sous-estimé par ses collègues plus jeunes et à peine respecté par une collègue latino (qui en pince pour lui), qui veut prendre sa retraite, pris pour un fou lorsqu’il remonte la piste de « D-Fens ».
Dommage parce que Robert Duvall livre un jeu très sobre, très bien doublé en VF par Jacques Richard. Donc, le film serait Parfait si il n’y aurait que « D-Fens ». Et la fin est assez faible, clichée malheureusement, pas entièrement dans le propos du reste du film.
Côté mise en scène, Schumacher, multiplie les séquences avec steadycam ça donne une mise en scène planante, assez innovante pour 1992, me faisant penser à « Lantana » neuf ans plus tard.
La musique est signée James Newton Howard qui n’apporte lui que des sons entendus mille fois…