Testez votre qualitomètre de stupidité : insérez d'abord cinquante euros dans le monnayeur !
.
Ce premier film de Pierre Salvadori ( 1964/----) sur lez onze aujourd'hui, semblerait n'avoir eu qu'une distribution restreinte, et n'avait accueilli que 56 906 spectateurs lors de sa sortie en 1993. Il méritait mieux selon moi : je dois à Via Stella, satellite de France 3 (chaîne 479) d'avoir décroché de l'émetteur national, pour nous offrir cette sympathique découverte d'un polar froid à la sauce pigmentyo-flegmatico-tunisienne "Sherlock Holmes" .
Il ne devait du reste pas être si mauvais que ça puisque un clone en était né :
Meurtres à l'anglaise" sorti en 2009 : dommage que Via Stella (ou son IA) ne l'ait pas programmé à la suite car je ne l'ai pas vu non plus !
.
Victor (Impérial Jean Rochefort) est un tueur à gages flegmatique à la Sherlock-Holmes qui lors d'une intervention malfaisante, va trouver un autre jeune malfaisant dans son dos, animé lui aussi de mauvaises intentions et du désir de mal faire, un rasoir à lame à la main !
Il le prend en pitié et le conseille sur le geste et la technique à adopter pour ne pas se blesser lui-même, et décide d'en faire son apprenti...
l est célibataire et depuis toujours sous le joug d'une mère tyrannique et femme de truand, qui n'hésite pas à jouer du fusil à pompe pour l'intimider... (superbe Patachou plutôt connue à l'époque comme chanteuse, mais mise à la retraite d'office par la vague yéyé...)
Le contrat dont il a été chargé constitue ici à envoyer ad-patrès une recéleuse et vendeuses de faux en toiles artistiques, jouée par Marie Trintignant, superbe de roueries en tous genres !
D'ailleurs, l'huile du faux-vrai tableau n'est pas encore sèche et une tache noir ébène se retrouve sur le nez de son acheteur !
Lesquels vont trucider les autres ?
.
Bref, sérieux s'abstenir : toute la charcuterie frise ici le mauvais goût trempé à froid, épicé d'un humour salace...
Pour un coup d'essai, peut-être pas un coup de maître et on retrouve des erreurs de débutants ès réalisation, mais c'est très amusant et tout à fait comestible...
Le casting est aussi très réussi : probablement pas bien coûteux (comme souvent pour un galop d'essai) mais très réussi et qui fait mouche. Un exemple entre autres : c'est le second long-métrage de Guillaume Depardieu ! Oui oui, "le fils de l'acteur motard", qui est adorabable en candidat-tireur d'élite en formation : Jean Rochefort le félicite même pour son tir de précision sur la cible, alors qu'il lui répond : "Mais, je n'ai même pas tiré !"
Bref, c'est bon enfant et amusant... Sans rire à gorges d'employés, on s'amuse et rendons grâce à Salvadori : dans ce genre, ils sont rares à oser...
Je lancerais bien quand même un contrat sur le dangereux gâte-sauce musical qui, dès le générique, nous inflige cet instrument, ressuscité et ressorti des catacombes depuis l'apparition de la vague yéyé : l'infâme violoncelle que mes tympans (et ceux de la terre entière) vomissent.
Malgré cette chaîne de forçat aux pieds, une heureuse surprise que cette aventure sans prétentions que dérider!
.
"Cerise sur le gâteau lequel est sur la chaise non percée quoique pliante du réalisateur :
Comme tout bon sniper, tueur à gages et critique de cinéma, ces hommes de l'art tiennent à leur discrétion (et propre peau,) celle de leurs intimes,de leurs maîtresses, (...) et taisent jalousement le lieu de leur domicile...
L'apprenti bébête de Victor et l’escroc en jupons, amenés à cohabiter, ont promis/ juré, et ont pour obligation morts ou vifs de ne dévoiler la sienne à quiconque !
Quand donc celle-ci surgit à son domicile, baïonnette au canon sur sa tempe, Victor s'inquiète légitimement : "ils vous ont torturée ?"
Ce à quoi elle répond, sans hésitation : "Non non, j'ai avoué tout de suite !"
Adorable, non ?
.
France 3 (Via Stella) le 16.04.2026-