C'est l'époque où le réalisateur signe son film Claude Lara, un film amputé de près de trente minutes à cause de bisbilles internes. Et ça se voit probablement : l'histoire de la maraichère amoureuse Ciboulette (Simone Berriau, transparente et trop âgée pour le rôle) m'a paru étriquée, voire brouillonne. L'argument de l'opérette est faible et les personnages pas suffisamment étayés (en particulier ce protagoniste déterminant qu'est le magicien-musicien Métra).
Ciboulette veut se faire aimer du bourgeois Antonin de Mourmelon (Robert Burnier, à peine plus convaincant que sa partenaire), lequel ne se remet pas de son abandon par une demi-mondaine.
La comédie s'ouvre avec un élégant travelling parmi les maquettes et les décors peints représentant Paris endormi (procédé que le cinéaste reprendra dix ans plus tard, avec la même habileté, dans "Douce"). D'une façon générale, ce sont les qualités plastiques du film et la reproduction du Second Empire qui sont les plus manifestes, d'autant que toute la comédie est tournée en studio.
La musique et les airs de Reynaldo Hahn sont joyeux mais s'oublient aussitôt. Quant à l'apport de Jacques Prévert, difficile de l'apprécier, sinon à travers la loufoquerie de certains personnages et un petit grain de folie qui n'est peut-être pas d'origine (puisque le co-auteur de "Ciboulette", Francis de Croisset, s'est, parait-il, estimé trahi)