Les deux récits qui composent Cidade; Campo ne semblent pas liés, a priori, mais ils le sont bien, de manière souterraine et un peu inexplicable. Ce sont des histoires de déracinement, imposé ou volontaire, l'une vers la ville, l'autre vers la campagne, d'où le titre du film. Leur principal point commun est la présence de fantômes, récurrente, et de la force surnaturelle de la nature, en lien avec un univers parallèle, peut-être celui de l'au-delà. Comme l'exprime l'un des personnages ; "Si c'est la fin, nous verrons bien ce qu'il y a après." Juliana Rojas, en tous cas, maîtrise son sujet et nous contraint de ne pas chercher d'explication rationnelle aux visions de ses personnages, en majorité féminins, touchés par la disgrâce et condamnés à une nouvelle vie et à trouver une solidarité auprès de leurs consœurs. Ce qui frappe dans Cidade; Campo, outre la fascination exercée par son réalisme magique, est la tendresse que manifeste la réalisatrice vis-à-vis de ses protagonistes qui expriment leur courage face aux aléas de la vie, et de la mort. La lenteur du rythme du film, loin de constituer un handicap, lui donne une profondeur existentielle et portraiture, en creux, un Brésil en crise, aussi bien à la ville qu'à la campagne.

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le 25 sept. 2024

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