Ah, Cinéman de Yann Moix, voilà enfin le chef-d'œuvre tant attendu qui redéfinit l'art du cinéma et redonne tout son sens à l'expression "navet cosmique". Rarement un film n'aura atteint de tels sommets d'absurdité et d'incohérence, un véritable tour de force où le mauvais goût côtoie la nullité avec une audace qu’on croyait réservée aux grands maîtres du genre.
On pourrait s'attendre à une comédie pleine de clins d'œil malins au septième art, mais Yann Moix transcende cette idée pour nous offrir une fresque surréaliste où la logique, l'humour, et le talent sont purement et simplement absents. C’est un ballet maladroit où l'ennui se mêle à la gêne, le tout dans un tourbillon d’effets spéciaux digne des premiers PowerPoint de votre petit cousin en 2002. Chaque scène est un hommage involontaire au vide, un appel vibrant à l’indulgence du spectateur qui, s’il a survécu jusque-là, est forcément doté d’une force mentale inouïe.
Franck Dubosc, que l'on retrouve avec un plaisir non feint dans le rôle titre, parvient à prouver une fois de plus qu’il n’existe aucune limite à son engagement envers le ridicule. Son interprétation, subtile comme un rhinocéros dans un magasin de porcelaine, est une ode aux décisions de carrière discutables. Que dire de son personnage, capable de sauter d’un film à l’autre, sinon qu'il saute également de gag raté en gag atroce avec une grâce pachydermique qui force le respect.
Et les dialogues ! Ah, ces dialogues ! Du pur génie. On se demande d’ailleurs si Moix ne les a pas écrits en extase, dans un délire hallucinatoire, ou si le scénario a simplement été rédigé par un générateur automatique de phrases sans queue ni tête. Les répliques claquent comme une vieille porte rouillée, et l’on sent bien que chaque ligne a été pensée pour susciter chez le spectateur une réaction d’incrédulité face à tant d'amateurisme.
La mise en scène, quant à elle, semble avoir été inspirée par un rêve fiévreux de quelqu’un qui n’a jamais vu un film de sa vie. Les effets spéciaux dignes d'un téléfilm des années 90, les transitions hasardeuses, et cette direction artistique qui pourrait être un hommage involontaire au surréalisme le plus accidentel... Tout est parfaitement à sa place dans ce chaos harmonieux.
En fin de compte, Cinéman est plus qu’un film : c’est une expérience transcendantale, une invitation à redéfinir nos attentes et notre seuil de tolérance pour le cinéma. On en sort grandi, ou du moins profondément soulagé que ce soit enfin terminé. Chapeau bas, Yann Moix, pour avoir réussi à nous prouver que même dans les abysses les plus profonds de la création artistique, il y a encore des trésors d’absurdité à découvrir.