C'est peut-être un peu injuste d'affirmer que Paolo Virzi n'a pas réussi jusqu'alors à prouver qu'il faisait partie des grands cinéastes italiens, malgré une filmographie fournie et quelques œuvres plus qu'honorables, dans le lot. Mais cette fois, avec Cinque secondi, certes pas exempt de défauts, le réalisateur toscan a placé la barre un peu plus haut, pas seulement pour le fond du long métrage, à base de responsabilité, de culpabilité et de rédemption, notamment, mais surtout pour son architecture et la personnalité assez longtemps énigmatique de son héros, interprété par un excellent Valerio Mastandrea. La sous-intrigue du film, avec son choc des générations, assez malicieusement traitée, permet à Virzi de s'échapper par instants de son sujet principal, très lourd, avec entre autres une magnifique Galatea Bellugi, aussi à l'aise quel que soit le côté des Alpes où elle tourne. Ajoutons un troisième personnage singulier, celui incarné par Valeria Bruni Tedeschi, parfaite dans ce type de rôle excentrique. On retrouve dans Cinque secondi, joliment maîtrisé, ce mélange de gravité et de comédie qui fait le sel de nombre de métrages italiens avec ici une montée progressive et irrésistible de l'émotion, jusqu'à une série de conclusions qui apaisent, amusent et exaltent. Le meilleur film de Paolo Virzi ? Cela se pourrait bien, même s'il aura forcément des détracteurs.