Jacques et Lucie se rencontrent sur un yacht ancré à Cannes. Ils sont des gosses de riches mais dédaignent ce milieu tout en snobisme, oisiveté et convenance.
D'après une pièce de théâtre d'une autrice américaine et s'inspirant du roman Paul et Virginie, cité dans la comédie, le film est une fable philosophique très modeste qui prend forme lorsque le jeune couple s'échoue sur une île pas tout à fait déserte et qu'un étrange résident (le comédien Henri Rollan, peu inspiré par un rôle médiocrement caractérisé) donne des leçons de vie à la jeune femme désenchantée. L'isolement et la belle nature apparaissent comme un contrepoint à la mesquinerie et à l'insignifiance bourgeoises sur le pont du yacht.
La comédie est plus une curiosité qu'une réussite. Le scénario et les personnages sont inaboutis (peut-être en partie parce que le film est court), l'enseignement philosophique pas ébouriffant. Et pas de quoi faire des deux naufragés des Robinson puisque l'aventure dure une seule nuit. Mais la composition de Claude Dauphin est modeste, tandis que celle de Blanche Montel, figure centrale, montre une certaine modernité par son caractère émancipé et impertinent.