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Cavale sans issue
Le principal intérêt de "Classe tous risques", dans une période riche en films de voyous, polars et autres films noirs, c'est l'originalité de l'approche de Claude Sautet, auteur de son premier...
le 10 mars 2021
Je viens de revoir ce bon vieux polar de Claude Sautet tiré d'un non moins bon vieux polar de José Giovanni avec une trifouillée d'acteurs que j'aime bien, avec qui je m'embarque en général sans problème pour une durée de film que je sais d'avance qu'elle sera toujours trop courte.
Dans "Classe tous risques", on suit, avec angoisse, les pérégrinations de Ventura dans le rôle d'Abel Davos, truand en cavale et au bout du rouleau. La mort de sa femme, la fuite avec ses deux enfants, ses démêlés avec ses anciens complices parisiens qui le trouvent bien encombrant, son amitié avec le jeune Belmondo, etc … etc …
Et, après le film, j'ai eu la malencontreuse idée de consulter Wikipedia pour vérifier et connaître le nom de certains acteurs, en particulier Charles Blavette (Benazet) et Michel Ardan (Riton)
Et, stupeur, je découvre que Abel Davos est "l'incarnation" d'un certain Abel Danos, condamné à mort par contumace oui, mais parce qu'il était un des principaux tortionnaires rue Lauriston, pendant l'Occupation.
Il y est dit aussi que Sautet ne savait pas et que s'il avait su, il n'aurait peut-être pas fait le film. Ouf, l'honneur est sauf !
C'est vrai que je ne m'étais nullement interrogé sur ce que, dans le film, Abel Davos avait bien pu faire pour être condamné à mort par contumace…
En conclusion, je pense qu'il faut distinguer complètement le film de l'histoire vraie. D'ailleurs les noms ont été – légèrement – modifiés. Et ce n'est d'ailleurs pas vraiment la même histoire…
Le film est superbement réalisé et est conforme avec l'ambiance générale des romans de Giovanni qui rendent toujours hommage à l'amitié virile, à la solidarité entre truands mais qui méprise les mouchards et les balances. C'est un peu une fenêtre ouverte sur un monde étrange que les lecteurs ou spectateurs découvrent avec curiosité.
Le film est très dense y compris lorsque l'action semble piétiner car le danger ou les risques restent omniprésents. La présence des petits enfants insouciants et facilement heureux accentue encore cette atmosphère de peur.
Côté casting, Ventura crève l'écran en composant un personnage complexe qui n'a plus rien à perdre mais qui se bat pour mettre à l'abri ses enfants ou qui se révolte contre les amis d'antan.
Belmondo et Sandra Milo sont excellents aussi bien qu'avec des rôles plus faciles.
Dalio est excellent en fourgue fourbe.
Michel Ardan, que j'ai déjà vu dans d'autres films, est très convaincant en ancien complice désireux de bien faire mais corseté par sa vie rangée d'aujourd'hui.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Adaptations au cinéma de livres que j'ai lus, Films noirs et Les meilleurs films de 1960
Créée
le 26 nov. 2020
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