Il y a toute la beauté du cinéma, et de la jeunesse, ou plutôt une vigueur, celle de l'entre deux.
Cléo n'est plus une enfant mais bien une femme adulte, et prend tout au sérieux, au point de ne plus penser qu'à ses tracas, mais une ribambelle de personnages tous plus cléments les uns que les autres, et avenants, vont essayer de lui faire voir ce jour sous une meilleure vie, ou bien la vie sous un meilleur jour.
J'ai beaucoup aimé l'approche quasi documentaire du film, et la proximité entretenue entre la caméra et les protagonistes. L'idée de faire dérouler le fil des évènements en temps réel, nous ancre et nous attache au dénouement du récit. Les mouvements de caméra sont d'une beauté sidérante, sublimant le délicieux charme de Corinne Lemarchand, véritable Cléo(pâtre) du métrage. En bien des points, peut-être liés à la fraicheur de la manière de tourner assez inhérente à la Nouvelle Vague, le film m'a beaucoup ramené à A Bout de Souffle, sorti deux ans plus tôt.
Pour ce qui est des interprétations, elles sont toutes assez justes, et surtout très naturelles.
Corinne Lemarchand rayonne de beauté, et je resterai marqué par ce plan ou seul son visage apparait en train de chanter une sorte d'oraison lugubre lui évoquant sa potentielle maladie.
Le final est également très touchant, avec l'apparition du personnage militaire, joué tout en douceur par Antoine Bourseiller.
Un très beau film, poétique, à la mise en scène mettant parfaitement en valeur les sentiments ressentis lors du visionnage.
Une ode à la foi en l'existence, à l'amour de l'espoir, à l'espoir de l'amour, dans un noir et blanc appuyant pourtant des tons et couleurs brillants.