Œuvre mythique pour maintes raisons, sa durée, son casting, ses décors et évidemment son fiasco financier, Cléopâtre reste une œuvre grandiose. En vedette absolue, vêtue de costumes tous plus beaux les uns que les autre (les robes de Padmé dans Star Wars II semblent en être une pâle imitation …),Elizabeth Taylor impose son arrogance, sa force et sa fragilité dans l'un des rôles de sa vie. Rex Harrison fait le portrait d'un Cesar à la fois sûr de lui et désabusé, malade et résigné. Son investissement dans le rôle est, dans un autre registre, à la hauteur de celui dont il avait fait preuve dans L'aventure de Madame Muir du même réalisateur.
Richard Burton est formidable, surtout dans le dernier quart de film ou il se sent mort après sa fuite de la bataille navale. Cette scène ou il explique ses états d'âme, ou plutôt l'état de son âme, est magnifique.
Autre magnificence, les décors, les spectacles en l'honneur de ces empereurs, dictateurs et reines. On voit à l'écran l'argent investi !
Sur la fidélité historique il y a à boire et à manger, mais on peut constater que ce film a grands spectacles a plus de pudeur que les dernières productions comme le Exodus de Ridley Scott ou le Noe de Aronofsky. En revanche on sent la patte de Mankiewicz, car il s'intéresse plus aux sentiments qu'aux batailles. Et c'est la bon chois, car ceux-ci sont décrits dans toute leur splendeur. La seule chose parfois un peu dérangeante c'est de voir des souverains se comporter parfois comme des ados. Mais bon peut être est-ce plus proche de la réalité que ce qu'on peut croire.
Le deuxième défaut majeur c'est le fait que comme il n'y a que peu de batailles et que les questions politiques sont traités avec les intrigues amoureuses, le souffle épique qui sied à de tels métrages, n'est conséquemment pas présent, et les belle images s'enchainent pour nous montrer quelque chose qui se rapproche plus de la tragédie. Sans rythme véritable au final. Le style de Mankiewicz est ici à la fois sa force et sa faiblesse.
Une œuvre monumentale qu'il faut voir au moins pour sa somptuosité et sa place dans l'histoire du cinéma.
Attention j'écrivais ici sur la version de quatre heures.