un roman à succès qui sera à son tour adapté au cinéma. Voilà un parcours bien atypique pour une histoire qui a le mérite d’évoquer sans détour un sujet pour le moins tabou : l’escorting. Le roman avait d’intelligent que l’on puisait aux travers de situations quotidiennes des plus banales, l’essence d’un vrai auteur, qui à coups de griffes venait titiller notre sens moral. Le film prend le parti inverse. Il dilue totalement le discours sous un amas de scènes trop marquées, sans réel lien. L’intelligence du roman reposait sur le récit à trois voix que l’on retrouve ici mais passablement escamoté, voire juxtaposé maladroitement. Pour la bonne tenue du scénario il aurait mieux valu avoir une démonstration plus linéaire (choix qu’avait fait Araki avec Mysterious skin). Mais passé outre ce côté un peu cafouille, ce qui plombe totalement le film est l’énorme erreur de casting autour de Eric Caravaca, excellent acteur au demeurant, mais qui ici se révèle d’une grande faiblesse. Trop vieux, trop mou dans tous les sens du terme, il est loin du Marco du livre, certes un peu perdu mais plus vindicatif. Sa façon de le faire vivre pose également problème. A l’heure où les sites d’escort prolifèrent partout sur la toile présentant des icônes de mode, on a un peu de mal à croire qu’une cliente dans la position de Nathalie Baye (parfaite, elle !) puisse tomber amoureuse d’un mec aussi transparent. La crédibilité à ce niveau là est donc quasi nulle, presque tout autant d’ailleurs que les autres relations développées dans le film, la femme, la famille, le milieu professionnel. Le premier scénario n’avait pas vécu… c’était un signe prémonitoire sans doute. Ne gardons à l’esprit que le roman.