Quelle horreur. Plus de 2h de pathos éhonté, de montage lourdingue, de dialogues grotesques, de l'insupportable Jérémie Renier qui s'il partage un côté tête à beignes avec Claude François, il n'a malheureusement pas le quart de son charisme. L'impression de voir Philippert capitaine puceau qui jouerait à imiter Cloclo, c'est déjà compliqué à gérer alors voir Benoît Magimel postiché et parler avec l'accent pied noir pour jouer Paul Lederman, c'est plus possible.
En revanche, niveau casting féminin, on a de bons éléments. Monica Scattini en mère italienne accro au jeu, Joséphine Japy en France Gall (<3) en particulier. Malheureusement, elles sont logées à la même enseigne que leurs partenaires masculins : mise en scène téléfilm, dialogues plats et souvent un rôle limité à de la figuration (mais comme tout le monde entourant Cloclo dans la vie).
Un petit mot sur le travail sur les chorégraphies. Pourquoi avoir essayé de restituer les années 60 et 70 avec autant de précision (le boulot est plutôt bien fait) pour laisser Mia Frye imposer ses remix version dance machine ? Les filles comme les chorégraphies semblent sorties d'un clip de r&b de la semaine dernière. Grotesque, pia pia pia dans ton corps et mon cul sur la commode.
En un mot comme en cent, une vraie purge. On n'apprend évidemment peu de choses sur ce "malaimé" qui aura passé sa vie à se mettre en scène, à manipuler les gens, à souffrir d'une jalousie maladive, à douter de lui autant qu'il croit en son destin et surtout à, d'après le film, chercher une reconnaissance paternelle (offrant un climax émotionnel version téléfilm pour chômeur en plus d'être vraiment minable dans le procédé). Tout juste les jeunes générations pourront elles se rendre compte de l'importance de la musique noire américaine dans sa démarche et ses aspirations.